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La Suisse reçoit une leçon de souveraineté

Viviane Reding: "la Suisse se voit contrainte d’appliquer les décisions prises par d’autres".

(Keystone Archive)

La commissaire européenne en charge de l'éducation et de la culture, Viviane Reding, effectue une visite de deux jours en Suisse. Pour elle, en restant hors de l'Union européenne, la Suisse est perdante en termes de souveraineté.

Mercredi soir à Berne, devant l'Alliance française, Viviane Reding a développé une argumentation inédite de la part d'un membre de la Commission européenne.

Faisant allusion au refus de l'initiative «Oui à l'Europe», le 4 mars dernier, elle estime que le peuple suisse s'est privé de possibilités d'influence sur l'avenir européen. Conséquence: «Au lieu de provoquer et de guider des décisions favorables à la Confédération, la Suisse se voit contrainte d'appliquer les décisions prises par d'autres».

Viviane Reding dit s'exprimer en tant que «grande amie de la Suisse» et témoin de l'«expérience concluante» de son pays, le Luxembourg. Cet Etat «minuscule», selon sa propre expression, «participe à des décisions qui affectent quelque 360 millions de citoyens européens».

La commissaire rappelle qu'au début du siècle, le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg «n'était même pas reçu au Quai d'Orsay» alors qu'il est aujourd'hui sollicité par les chefs de la diplomatie de toute la planète.

«En Europe, note Viviane Reding, les grands pays ont souvent besoin d'un petit pays pour négocier les issues aux problèmes». Elle est persuadée que «la Suisse serait elle aussi prédestinée à jouer un tel rôle», celui notamment d'une «interface entre la France, l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie, pays dont la culture et la langue sont bien connues des Suisses».

Quelle Suisse dans quelle Europe? Viviane Reding se garde bien de «répondre à la place» des Suisses. Mais elle affirme qu'«en termes de souveraineté les petits Etats sortent gagnants» dans l'Union européenne.

La petitesse est d'ailleurs relative à l'heure où, poursuit la commissaire européenne, «face aux Etats-Unis et à la Chine, même les grands pays européens sont petits».

L'analyse de Viviane Reding est illustrée cruellement par les difficultés rencontrées par la Suisse pour participer aux programmes européens d'échanges d'étudiants. Dans l'entourage de la commissaire, on confirme que les atermoiements suisses face à l'Union européenne constituent un frein à une telle collaboration.

Après une rencontre avec la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, le programme suisse de Viviane Reding prévoit un entretien, jeudi, avec le président de la Confédération Moritz Leuenberger.

Thierry Zweifel, Bruxelles

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