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La Suisse s'«inquiète» de l'affaire Paul Wolfowitz

Doris Leuthard et Hans-Rudolf Merz face aux médias à Washington.

(Keystone)

Doris Leuthard et Hans-Rudolf Merz, ministres de l'Economie et des Finances, représentent la Suisse aux assemblées du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

Ce dimanche, la Banque mondiale pourrait décider du sort de son président Paul Wolfowitz, suite au scandale relatif à sa petite amie. Doris Leuthard réclame une «solution rapide».

Les assemblées de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale se sont déroulées à Washington sous un «ciel bleu constellé de nuages inquiétants», ont relevé Doris Leuthard et Hans-Rudolf Merz.

Doris Leuthard a eu samedi des «discussions intenses avec les autres Etats d'Europe dans la perspective de la réunion» des ministres de l'Economie et du Développement des 185 pays-membres de la Banque Mondiale. La ministre suisse «regrette» que le scandale entourant la promotion de la petite amie de Paul Wolfowitz au Département d'Etat «éclipse les autres thèmes des réunions» que la Banque et le FMI tiennent à Washington.

Les pressions s'accumulent

Alors que les ministres évoquent le cas Wolfowitz, les pressions s'accumulent en faveur de sa démission ou de son renvoi. Après l'association du personnel de l'institution et le quotidien «Financial Times», le candidat aux présidentielles américaines de 2008, John Edwards, est le premier homme politique américain à réclamer la démission de son compatriote.

Par ailleurs, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) exigent le départ de Paul Wolfowitz, taxé d'hypocrisie.

«Alors qu'il se pose en apôtre de la lutte contre la corruption dans les pays du Sud, Wolfowitz est pris la main dans le sac et la seule issue acceptable est sa démission immédiate», lance le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde. Eurodad, un groupement d'ONG, estime de son côté que «les pays européens doivent demander la démission de Wolfowitz».

Aux responsables politiques de décider

Paul Wolfowitz s'est excusé pour avoir fait «une erreur», en s'impliquant dans la promotion de sa compagne. A la Maison Blanche, George Bush lui a exprimé son soutien, estimant que son ancien ministre «fait un travail remarquable à la Banque Mondiale».

Mais le conseil d'administration de l'institution, qui représente les Etats-membres, a conclu vendredi que Paul Wolfowitz avait bien ordonné la promotion de son amie, sans avoir obtenu l'accord préalable du bureau d'éthique de l'institution.

Cependant, les représentants permanents des Etats-membres n'ont pas décidé du sort du président, laissant ce soin aux responsables politiques de la Banque, à savoir, les ministres de l'Economie et du Développement qui se réunissent dimanche.

«Il faut que ce dossier figure à l'ordre du jour de notre réunion, déclare Doris Leuthard à swissinfo. Il s'agit d'abord de ce que la crédibilité de la Banque mondiale ne souffre pas de cette affaire», explique la ministre suisse qui a aussi discuté de la question avec son homologue allemande, Heidemarie Wieczorek-Zeul, celle-ci assurant la présidence du G-8 en ce moment.

Pour une solution rapide

Doris Leuthard trouve «particulièrement inquiétante» la position du personnel de la Banque. La ministre suisse prévient qu'il «ne faut pas réagir de manière précipitée, en raison des implications politiques importantes et du bilan positif de M. Wolfowitz à ce jour». Mais elle se demande «s'il peut rester crédible quand son personnel s'interroge sur sa conduite» et elle se prononce pour «une solution rapide» à l'affaire.

Selon Doris Leuthard, le règlement de la Banque ne prévoit pas de procédure de destitution. Mais elle suggère que le règlement peut être modifié. «Quand il n'y a pas de procédure prévue, il y a deux alternatives: soit on estime qu'une destitution est impossible, soit on en crée la possibilité.»

Pressée par swissinfo de préciser dans quel délai il convient de décider du sort de Paul Wolfowitz, dont le mandat n'expire normalement qu'en 2010, Madame Leuthard répond: «on ne peut pas parler de deux ou trois ans, mais d'une année, pas plus».

swissinfo, Marie-Christine Bonzom à Washington

L'affaire Wolfowitz

L'affaire remonte à 2005 mais n'a fait surface que la semaine dernière. Trois mois après son arrivée à la tête de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz obtenait un poste au Département d'Etat pour son amie, Shaha Riza.

Cette Britannique d'origine libyenne travaillait à la Banque Mondiale depuis huit ans, mais pour éviter un conflit d'intérêt, elle quitta l'organisation pour le ministère américain des Affaires Etrangères. Ce transfert s'accompagna d'une promotion et d'une augmentation de salaire de plus de 50'000 dollars par an.

Une ONG américaine estime que Shaha Riza, qui ne paie pas d'impôt en tant que détachée de la Banque Mondiale, gagne plus de 193'000 dollars. C'est 7000 de plus que la patronne du Département d'Etat, Condoleeza Rice.

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Nuages au FMI

Le portrait très positif de l'économie dressé cette semaine par le FMI est une «excellente nouvelle pour la Suisse». Mais Hans-Rudolf Merz, ministre des Finances, et Jean-Pierre Roth président de la Banque nationale suisse, ont exprimé samedi un «sentiment mitigé».

Motif: «Tous les intermédiaires des marchés financiers montrent un appétit croissant pour le risque», a indiqué M. Roth. C'est peu rassurant pour une économie helvétique où le secteur financer représente 15% du PIB. Une crise pourrait provoquer un ralentissement en Suisse, voire déstabiliser le franc.

M. Merz a exprimé des doutes sur un autre thème du FMI: la réforme du droit de vote des pays membres (la Suisse y est favorable) qui a creusé «un profond fossé» entre supporteurs et opposants.

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