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La Suisse se donne les moyens pour lutter contre le tabagisme

(swissinfo.ch)

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a lancé, mercredi, une nouvelle campagne pour sensibiliser la population aux méfaits du tabagisme. Pour y parvenir, il dispose cette fois du budget le plus important jamais consacré à la lutte contre le tabac: 5 millions de francs par an, jusqu'en 2005.

Chaque année, le tabagisme tue quelque 8000 personnes en Suisse. Mais, jusqu'à présent, ce problème de santé publique n'a suscité que peu d'intérêt. La lutte contre le tabagisme est même demeurée le parent pauvre des campagnes de prévention.

Pourtant, la Suisse est dans le peloton de tête des gros fumeurs. «Un tiers de la population suisse fume», affirme Thomas Zeltner, directeur de l'OFSP. «La Suisse est le troisième plus important consommateur de tabac en Europe, après la Pologne et la Hongrie».

Et le tabac continue de faire de nouveaux émules. «Ces dernières années, nous avons constaté une progression de la consommation chez les femmes», explique Thomas Zeltner. «Plus inquiétant encore, le nombre de jeunes fumeurs de 15 à 19 ans est en nette augmentation et le tabagisme commence de plus en plus tôt chez les jeunes».

Et l'Office fédéral de la santé publique d'avouer que la première campagne de prévention lancée entre 1995 et 1999 n'a visiblement pas porté ses fruits. «Le phénomène n'est pas typiquement suisse», renchérit Thomas Zeltner «nos voisins, eux aussi, enregistrent une hausse du nombre de jeunes fumeurs. Et nous ne parvenons ni à freiner ni à expliquer le phénomène».

L'OFSP se lance donc une nouvelle fois dans la bataille anti-tabac avec une campagne intitulée «Fumer ça fait du mal». Mais cette fois, il bénéficie d'un budget deux fois important que lors de sa précédente action: 5 millions de francs pour l'année 2001.

«Et nous espérons pouvoir rapidement augmenter cette enveloppe à 10 millions de francs par année jusqu'en 2005, précise Thomas Zeltner. Soit une somme équivalente à celle qui a été attribuée à la lutte contre le sida».

Pour sa nouvelle campagne, l'OFSP entend dépassionner le débat. Pas question de présenter des images choc ou de jouer sur la fibre émotionnelle de la population. Les spots de télévision, diffusés dès mercredi, fournissent surtout des chiffres clefs sur un fond visuel plutôt discret.

«Nous avons voulu mettre sur pied une véritable campagne informative», souligne Ueli Locher, sous-directeur de l'OFSP, chef de l'unité principale Dépendance et sida. Pour ce faire, nous nous appuyons sur des données strictement objectives. Elles doivent permettre aux fumeurs de se forger une idée claire des risques encourus et d'effectuer des choix en toute connaissance de cause».

«Fumer ça fait du mal» se veut une campagne de prévention tout public. «Nous développerons prochainement des messages spécialement destinés aux jeunes, précise Ueli Locher.

«Toutefois, rajoute le sous-directeur de l'OFSP, une meilleure prévention des jeunes passe nécessairement par une prise de conscience des adultes. En effet, il est difficile de mettre les jeunes en garde contre les risques de la fumée lorsque l'on tient soi-même une cigarette à la main».

Parallèlement au travail de sensibilisation et d'information mené par l'OFSP, les milieux concernés lancent également une campagne nationale de prévention du tabagisme baptisée «Let it be».

Elle est tout particulièrement destinée à soutenir les personnes qui souhaitent arrêter de fumer. Un phénomène qui, à en croire les chiffres de l'OFSP, ne concernerait pas moins de 53% des fumeurs.

Vanda Janka


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