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La Suisse se mobilise pour défendre son secret bancaire

(swissinfo.ch)

En l'espace de quelques semaines, les banques suisses, Kaspar Villiger et l'ambassadeur Jacques de Watteville sont tour à tour montés au créneau pour défendre le secret bancaire. Désormais la Suisse a décidé de répondre aux coups portés contre sa place financière.

«Le meilleur moyen d'empêcher les infractions fiscales, c'est de mettre en place un taux d'imposition modéré et de faire un usage efficace des ressources étatiques». Même si le vocabulaire est diplomatique, les propos de Jacques de Watteville, chef du Service économique du Département fédéral des affaires étrangères, montre que la Suisse a désormais décidé de rendre les coups lorsqu'on s'attaque à son secret bancaire.

Montrée du doigt par l'Union européenne (UE) pour son manque de coopération en matière d'évasion fiscale, Berne réplique que si les pays européens n'avaient pas un niveau de taxation prohibitif, ses riches ressortissants ne viendraient pas se réfugier en Suisse.

Le message s'adresse notamment à la France et à l'Italie qui imposent lourdement leurs grandes fortunes. Mais, dans son intervention lors d'un séminaire sur le secret bancaire organisé à Genève par Academy & Finance, l'ambassadeur de Watteville a aussi jeté une pierre du côté des banques suisses.

En évoquant l'affaire de l'ex-dictateur nigérian Sani Abacha, il s'est félicité que ses fonds aient été bloqués mais, «il aurait été préférable que les banques n'aient pas accepté cet argent». «Si l'on veut être crédible lorsqu'on défend le secret bancaire, il faut que nos établissements soient plus rigoureux dans l'application des règles de surveillance», ajoute Jacques de Watteville.

Depuis quelques mois, l'ensemble de la place financière suisse ne se contente plus de simplement défendre ses positions, mais passe à l'offensive. «Nous nous opposerons aux tentatives d'attribuer au secret bancaire tous les maux», déclarait mardi Kaspar Villiger. Le patron du Département fédéral des finances ajoutait que «le modèle fiscal suisse est au moins aussi valable que celui européen».

Les banques helvétiques, qui dans le passé pratiquaient la politique de la chaise vide, sortent de leur réserve et occupent activement le terrain. Des représentants de l'Association suisse des banquiers se sont rendus dans les grandes capitales mondiales pour expliquer leur position. De discrètes opérations de lobbying ont aussi été lancées.

Récemment, même les banquiers privés genevois - par tradition plutôt discrets - ont opté pour une stratégie agressive. «Le système fiscal helvétique est l'un des plus efficaces du monde, la preuve c'est que notre économie souterraine est nettement inférieure à celle observée chez nos voisins», précise Jean Bonna de Lombard Odier.

La place financière suisse semble donc avoir tiré des leçons de l'affaire des fonds en déshérence où elle n'a pas su anticiper l'ampleur prise par le problème. Alors que Berne entame la semaine prochaine des pourparlers avec l'UE sur la fiscalité de l'épargne, gageons que les diplomates helvétiques ont adopté l'adage qui dit que la meilleure défense c'est l'attaque.

Luigino Canal

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