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La Suisse veut davantage commercer avec les Etats-Unis

Doris Leuthard, ministre suisse de l'Economie. Keystone

La ministre de l'Economie Doris Leuthard débute dimanche une visite de deux jours à Washington. Elle y rencontrera Susan Schwab, responsable du commerce extérieur américain.

Ce contenu a été publié le 10 décembre 2006 - 16:50

Les discussions porteront surtout sur le cycle de Doha de l'Organisation mondiale du commerce et sur le Forum de coopération américano-suisse sur le commerce et les investissements.

Des rencontres avec le secrétaire de l'Agriculture Mike Johanns, le Département du commerce, des représentants du monde économique ainsi que plusieurs membres du Congrès sont également prévues.

Cette visite intervient à un moment important, alors que des efforts sont faits pour relancer le cycle de négociations de Doha et que les Etats-Unis et la Suisse développent leur collaboration grâce à leur Forum de coopération sur le commerce et les investissements.

Pour la Suisse, les Etats-Unis représentent le deuxième marché d'exportation. L'an dernier les ventes de produits helvétiques y ont atteint 19 milliards de francs. Le pays de l'Oncle Sam est également la principale destination des investissements suisses à l'étranger (environ 86 milliards de francs).

Unique représentante du Parti démocrate-chrétien (PDC / centre droit) au gouvernement, Doris Leuthard reprend le témoin lâché par son prédécesseur et collègue de parti Joseph Deiss qui avait démissionné de manière inattendue à la fin juillet.

Sa tâche ne sera pas facile. Les négociations sur un possible accord de libre-échange de grande envergure avec les Etats-Unis n'ont jamais dépassé le stade de l'examen des points d'accord et de désaccord.

L'agriculture reste le principal obstacle. La Suisse voudrait un traitement différencié pour quelques produits agricoles, alors que les Etats-Unis souhaitent au contraire un accord global couvrant tous les secteurs.

Forum de coopération

Avant de quitter ses fonctions au sein du gouvernement, Joseph Deiss avait toutefois signé à fin mai un accord pour l'instauration d'un Forum de coopération sur le commerce et les investissements avec l'ancien Délégué américain au commerce Rob Portmann.

La proposition de créer cet outil de coopération visant à intensifier les relations commerciales entre les deux pays avait été lancée en janvier 2006 lors de la rencontre annuelle du Forum économique de Davos. L'annonce était intervenue quelques jours seulement après l'échec des négociations sur un accord de libre-échange.

A Washington, la ministre suisse va donc s'informer sur l'état d'avancement de la mise sur pied de ce forum. En effet, il s'agit désormais de poursuivre l'approfondissement de relations bilatérales, l'accord de libre-échange «ne figurant plus au centre des préoccupations», explique Christoph Hans, porte- parole du ministère suisse de l'Economie (DFE).

Cycle de Doha

Le cycle de Doha sur la libéralisation du commerce est entré dans une phase de blocage après l'interruption des négociations à Genève entre les six principaux membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Selon les analystes, les entretiens entre l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, le Brésil, l'Australie et l'Inde ont échoué en raison de l'intransigeance de Washington et de Bruxelles sur le dossier agricole.

La Suisse, où le lobby paysan est fort, a toujours refusé de suivre les appels de l'OMC pour abaisser les subventions aux agriculteurs et les taxes douanières sur l'importation de produits agricoles. Elle est en revanche très favorable à une libéralisation dans le secteur des services et à des taxes moins élevées pour les produits industriels.

swissinfo et les agences

En bref

D'un point de vue suisse:

Les exportations suisses ont augmenté de 14% l'an dernier pour atteindre le montant record de 16,1 milliards de francs.
Le marché américain est le deuxième marché d'exportation (10,7%), derrière l'Allemagne (20%), mais devant la France (8,5%), l'Italie (8,2%) et le Royaume-Uni (5,1%).
Les investissements directs des sociétés suisses aux Etats-Unis représentent 34% des investissements suisses à l'étranger. C'est énorme. Pour comparaison, les investissements suisses en Allemagne ne représentent que 5,4% du total.

D'un point de vue américain:

Les exportations de produits américains en Suisse ont augmenté de plus de 16% à 10,7 milliards de dollars, faisant de la Suisse le 17e marché d'exportation.
Les exportations américaines en Suisse sont quatre fois plus importantes que vers l'Autriche et plus importantes que vers l'Arabie saoudite et la Russie réunies.

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Libre-échange

Le libre-échange est un système de commerce international basé sur l'abaissement des contrôles douaniers afin de favoriser la libre circulation des biens et des services.

La Suisse suit cette politique depuis longtemps. Elle avait rejoint l'Association européenne de libre-échange (AELE) en 1960.

La plupart des Etats membres de l'AELE ont quitté l'organisation pour rejoindre l'Union européenne. Mais la Suisse n'a pas rejoint l'UE, préférant conclure avec elle des accords bilatéraux.

L'AELE (Suisse, Liechtenstein, Islande et Norvège) a aussi conclu des accords de libre-échange avec des pays non européens comme le Chili, Israël et Singapour.

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