La suppression de bureaux postaux scandalise les députés

Moritz Leuenberger a souligné que seuls 80 bureaux devraient être fermés définitivement. Keystone

Les membres du Conseil national se sont longuement penchés mercredi sur la suppression prévue de quelque 800 bureaux de poste. Ce projet suscite de vives réactions parmi les députés, à gauche comme à droite. Toutefois, le gouvernement entend maintenir le cap.

Ce contenu a été publié le 21 mars 2001 - 16:01

La Poste veut supprimer entre 600 et 800 de ses bureaux d'ici à cinq ans. Via deux interpellations urgentes, socialistes et écologistes ont cependant demandé que le réseau postal soit maintenu.

Représentant le peuple, de nombreux conseillers nationaux ont souligné que ce projet suscite une vive émotion parmi leurs électeurs. Selon Anne-Catherine Menétrey (Vert/VD), «les habitants de centaines de petites communes sont en émoi».

De nombreux députés rappellent en effet que, dans les villages, un bureau de poste ce n'est pas seulement un lieu où l'on dépose le courrier et où l'on fait ses payements. C'est aussi un lieu où se développe la vie sociale et économique.

Se sentant concernés en premier lieu, les représentants des régions périphériques sont particulièrement remontés contre les projets de La Poste. La députation des Grisons, où 70% des bureaux pourraient être fermés, a notamment fait part de son mécontentement.

S'exprimant en romanche, pour bien marquer son appartenance à une minorité, le démocrate-chrétien Walter Decurtins est d'avis que de telles mesures ne font qu'accélérer le dépeuplement.

Hugo Fasel (PCS/FR) a pour sa part relevé le côté illogique du système. Fermer une poste, c'est couper le nerf économique d'un village. Or, dans le même temps, la Confédération dépense des millions pour favoriser le développement des régions périphériques, par exemple avec l'arrêté Bonny.

Libéraux et démocrates du centre se sont également joints à ce concert de critiques. Finalement, seuls les radicaux ont fait bande à part, estimant que La Poste est condamnée à se transformer pour survivre dans un marché de plus en plus concurrentiel.

Cette mobilisation d'une partie de la droite en faveur de la défense du service public a laissé la gauche songeuse. Elle se souvient en effet que les partis bourgeois ont accepté sans difficulté la privatisation des anciennes régies fédérales. Et Pierre-Yves Maillard (PS/VD) d'ironiser: «ils ont fait la danse de la pluie, et quand cette pluie tombe, ils s'étonnent qu'elle mouille».

Le ministre de la Communication Moritz Leuenberger ne s'est pas laissé démonté par les critiques. Il a dépassionné le débat en soulignant que seuls 80 bureaux devraient être fermés définitivement. Dans les autres cas, le service de base sera maintenu, mais par d'autres moyens, par exemple avec le passage dans les villages d'un bureau mobile.

D'ailleurs, pour le ministre, la notion de service de base est très évolutive. La clientèle affiche un nouveau comportement. Désormais de plus en plus de clients gèrent leurs affaires de manière différente, notamment par l'Internet. La Poste doit donc s'adapter, faute de quoi elle ne survivra pas.

Olivier Pauchard, Lugano

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