La téléphonie fixe met Swisscom sous haute pression

De moins en moins rentables: la téléphonie fixe et les cabines. Keystone

Swisscom subit toujours une forte pression sur ses marges, surtout dans la téléphonie fixe. Le bénéfice d´exploitation de l´opérateur a chuté d´un tiers au 1er semestre par rapport à la même période de 1999, pour reculer à 1,1 milliard de francs.

Ce contenu a été publié le 29 août 2000 - 11:15

Le bénéfice net a de son côté doublé pour s'établir à 2,4 milliards grâce à la vente de Cablecom, explique mardi Swisscom. Pour mémoire, la cession à la fin de l'an dernier de la part détenue dans le numéro un suisse des téléreseaux, dont le géant bleu contrôlait 32 pour cent, s'est conclue pour un montant total de 5,8 milliards de francs.

Le chiffre d'affaires semestriel a pour sa part progressé de 33,4 pour cent pour atteindre 6,9 milliards de francs, se réjouit l'ancien monopole. Cet indicateur, poussé par l'intégration de Debitel, met en pleine lumière les contextes différents dans lesquels évoluent téléphonie fixe (Public Com) et téléphonie mobile (Mobile Com).

Ainsi, la première a vu son chiffre d'affaires se contracter de 22,4 pour cent après six mois, à 2,1 milliards de francs. Sa marge opérationnelle a fondu de 32,4 à 18,2 pour cent. En plein boom, selon les termes de Swisscom, l'internet a en revanche permis de doubler le volume du trafic dans le domaine des services à valeur ajoutée.

A fin juin, l'opérateur historique suisse desservait 1,61 million de canaux ISDN, soit 43,1 pour cent de plus qu'à la fin du 1er semestre 1999. Le nombre des raccordements analogiques s'est lui fixé à 3,48 millions. Swisscom compte sur le lancement à l'automne de la technologie ADSL pour stimuler la croissance sur ce marché.

Moins concurrencielle, la téléphonie mobile a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 20,4 pour cent, à 1,36 milliard de francs. Swisscom a par ailleurs consolidé sa position de numéro un sur le marché helvétique (qui compte au total trois opérateurs) en progression rapide, avec par exemple 424 000 clients gagnés en six mois.

La marge opérationnelle de Mobile Com a elle aussi reculé, de 48,1 à 40,4 pour cent, sous l'effet d'une augmentation des charges d'exploitation de 38,9 pour cent. Sont ici en cause: l'accroissement des coûts d'itinérance, les frais de matériel et les commisions versées aux revendeurs.

Le chiffre d'affaires de Business Com (lignes louées et transmission de données, communication d'entreprise, équipements) s'est stabilisé à 692 millions de francs. Là aussi, les marges sont sous pression avec une baisse de 2 à 0,4 pour cent.

Les ventes du secteur Wholesale & Carrier Services ont bondi de 69,4 pour cent pour grimper à 575 millions de francs. Cette croissance résulte notamment de la croissance du chiffre d'affaires réalisée avec les services d'interconnexion. S'adaptant à un marché libéralisé, Swisscom a poursuivi son dégraissage d'effectifs. A fin juin, le nombre des employés s'affichait en recul de 8,1 pour cent (en gros 1600 postes supprimés) sur un an, à 18 288, la filiale de téléphonie mobile allemande debitel non comprise.

Et la cure d'amaigrissement ne s'arrêtera pas là. L'opérateur rappelle qu'il devra tracer 6000 emplois supplémentaires entre 2001 et 2003, dont la moitié par externalisation. Les mesures d'accompagnement génèreront des charges de restructuration comptabilisées dès le 2e semestre 2000.

Pour l'entier de l'exercice, Swisscom table sur une hausse du chiffre d'affaires, toujours sous l'effet de l'intégration de Debitel. Côté rentabilité, le bénéfice d'exploitation continuera à «nettement» s'éroder, prévoit l'opérateur, tandis que le résultat net devrait se maintenir à son niveau de 1999.

swissinfo avec les agences

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