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La Turquie ne veut pas de Micheline Calmy-Rey

L'attitude de la Turquie irrite Micheline Calmy-Rey.

(Keystone Archive)

La ministre suisse des Affaires étrangères ne se rendra pas en Turquie lundi prochain comme prévu.

C’est en réaction à la reconnaissance du génocide arménien de 1915 par le parlement du canton de Vaud que les autorités turques ont retiré leur invitation.

La décision turque a surpris la Conseillère fédérale (ministre) en charge du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Interrogée sur les ondes de la Radio suisse romande, la cheffe de la diplomatie suisse a jugé que la «décision turque était exagérée». D'ailleurs, Micheline Calmy-Rey a comuniqué son mécontentement aux autorités turques.

Selon le porte-parole du DFAE Simon Hubacher, l'ambassadeur de Suisse à Ankara a été convoqué lundi au ministère turc des affaires étrangères.

A cette occasion, les autorités turques ont officiellement notifié à la Suisse que Micheline Calmy-Rey n'était plus la bienvenue en Turquie.

Un dialogue difficile

Pour la ministre, l'annulation de cette visite - initialement prévue jusqu'à mercredi - «n'est pas de nature à faciliter les relations avec la Turquie».

Une relation, souligne la ministre, que «nous avons patiemment reconstruite ces dernières années».

Et d’ajouter qu’«au niveau ministériel, le dialogue est devenu difficile pour ne pas dire impossible».

Exprimer une solidarité

Pour rappel, après Genève en 1998, Vaud est le second canton à reconnaître le génocide arménien.

Le Grand Conseil (parlement) vaudois a accepté, à une très large majorité, un postulat du popiste (communiste) Massimo Sandri demandant la reconaissance du génocide arménien.

«Par ce geste, précise Massimo Sandri, nous ne voulons pas condamner la Turquie, mais seulement exprimer notre solidarité avec les Arméniens».

Selon les termes du député socialiste Pierre Zwahlen, les parlementaires ont estimé «important de reconnaître l'existence et les souffrances de ce peuple».

Refus du Conseil fédéral

Au niveau fédéral, la position est différente. En 2001, le Conseil national (la chambre basse du parlement) a en effet refusé de justesse un postulat condamnant le génocide des Arméniens.

Saisi d'une seconde demande, le gouvernement (Conseil fédéral) a rendu en mai 2002 un préavis négatif.

A propos des événements de 1915, le gouvernement suisse se contente de parler de «tragiques déportations en masse et de massacres qui ont marqué la fin de l'Empire ottoman et fait de très nombreuses victimes dans la population arménienne».

Valeurs européennes

La ministre suisse des Affaires étrangères admet qu'il est «difficile de se confronter aux événements du passé». Mais elle rappelle aux autorités turques que cela «fait partie des valeurs européennes».

Selon les historiens, le génocide arménien de 1915 a fait 1,5 million de victimes. Un chiffre contesté par Ankara qui parle de 300 000 victimes seulement.

Enfin, le terme de génocide est encore et toujours contesté par la Turquie. Pour elle, les déportations et les massacres sont des «événements tragiques».

swissinfo et les agences


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