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La violence des jeunes face à la justice

L'un des deux accusés d'Yverdon à son arrivée au tribunal.

(Keystone)

Deux procès s’ouvrent en Suisse contre les jeunes auteurs d’actes de violence qui avaient suscité de fortes vagues d’indignation au printemps 2003.

A Yverdon, les deux prévenus doivent répondre d’assassinat, tandis qu’à Berne, ils sont quatre, accusés de tentative d’homicide, de vol et de non-assistance à personne en danger.

Le 1er juin 2003, Michael (18 ans) rentre chez lui à La Chaux-de-Fonds, dans les montagnes neuchâteloises. Dans le train entre Payerne et Yverdon-les-Bains, un groupe de jeunes s’en prend à lui.

A l'arrivée en gare, le groupe poursuit sa victime pour lui dérober son argent. Aculé contre un mur, le jeune homme se défend avec un couteau, blessant légèrement deux de ses agresseurs. Ceux-ci redoublent alors leurs coups et lui jettent des pierres prises dans le ballast des voies de chemin de fer.

Finalement, l’un d’eux s’empare du couteau de Michael et lui le plante dans le flanc. Transféré à l’hôpital universitaire de Lausanne, la victime y décédera quelques jours plus tard.

Lundi, un Portugais de 23 ans, originaire du Cap Vert, et un Franco-Algérien de 26 ans comparaissent devant le tribunal d’Yverdon. Ils sont inculpés d'assassinat et de brigandage en bande et risquent la réclusion à vie.

Leurs deux comparses, mineurs, ont déjà été jugés et condamnés à la maison d'éducation pour deux ans au moins, la peine maximale prévue par la justice des mineurs. Ils seront cités comme témoins.

Le tribunal avec jury a prévu quatre jours d'audience pour déterminer les responsabilités dans ce drame. Sa tâche ne sera pas aisée: l'un des deux majeurs a donné le coup de couteau potentiellement mortel, mais c'est l'un des mineurs qui a porté les coups fatals en lançant des pierres du ballast sur Michael.

Violence «orgiaque»

Quelques jours plus tôt, un autre drame du même genre était survenu en pleine vieille ville de Berne. Dans la nuit du 11 au 12 mai 2003, un historien de 42 ans se fait littéralement massacrer à coups de pieds et de poings par cinq Suisses, un Espagnol et un Kosovar, âgés de 17 à 21 ans et adeptes de la mouvance hip-hop.

La bande commence par s’en prendre à des voitures en stationnement et tabasse un habitant du quartier qui tente de les calmer. Mis en fuite par des passants, les jeunes gens se postent dans une ruelle très étroite et peu fréquentée.

Ils ont décidé d’«étriper» le premier venu. Il est près de deux heures du matin lorsque passe leur victime à vélo. Ils jettent l’homme à terre et se déchaînent sur lui avec une violence que le juge d’instruction qualifiera d’«orgiaque», le rouant de coups à la tête. Puis ils lui volent son porte-monnaie et le laissent pour mort.

Le malheureux ne doit probablement sa survie qu’à l’intervention rapide des secours. Il restera plusieurs semaines dans le coma et porte encore aujourd’hui les séquelles de cette agression, qui lui vaut une incapacité de travail à 100%.

Comme le meurtre de Michael, cette affaire fera grand bruit et suscitera colère, révolte et manifestations. Trois mois plus tard, la scène hip-hop de la capitale organise un concert de solidarité avec la victime, pour montrer que le rap n’est pas une musique qui appelle à la violence.

Mardi, les quatre agresseurs majeurs de l’historien doivent répondre de tentative d’homicide, de vol et de non-assistance à personne en danger. Le procès durera jusqu’à la fin du mois et les accusés risquent jusqu’à cinq ans de prison.

Le côté obscur


Ces deux cas sont venus alimenter le débat sur les raisons de la violence extrême dans certains groupes de jeunes. Pour le psychothérapeute Allan Guggenbühl, «chacun de nous a un côté obscur qui peut le pousser à devenir un monstre».

Et pour éviter d’en arriver là, ce spécialiste de la violence juvénile prescrit de «confronter les jeunes et même déjà les enfants avec cette part d’ombre qui est en eux, au lieu de tenter d’exclure cette réalité de leur éducation».

Allan Guggenbühl ne croit guère à l’idée qui voudrait que la violence des jeunes soit pire aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. Il en veut pour preuve les guerres, où quelle que soit l’époque, les soldats (qui sont toujours des jeunes) se conduisent systématiquement comme des brutes.

Quant aux campagnes de prévention, le spécialiste estime qu’elles ne mettent pas suffisamment les jeunes face aux conséquences de la violence, non seulement pour les victimes, mais également pour eux-mêmes.

Les jeunes voyous ont en effet toujours tendance à minimiser la portée de leurs actes, ou à se décharger de leur responsabilité en cherchant des excuses du genre «c’est lui qui m’a provoqué...»

swissinfo et les agences

En bref

- Lundi s’ouvre à Yverdon-les-Bains le procès de deux des agresseurs de Michael (18 ans), décédé des suites des blessures reçues le 1er juin 2003, alors qu’il s’opposait à une tentative de rackett.

- Leurs deux comparses, mineurs au moment des faits, ont déjà été jugés et condamnés à la maison d'éducation pour deux ans au moins.

- A Berne, s’ouvre mardi les procès de quatre des agresseurs d’un historien de 42 ans, roué de coups dans la nuit du 11 au 12 mai 2003 et à qui les séquelles de cette agression interdisent désormais de travailler.

- Leurs trois comparses, mineurs au moment des faits, ont déjà été jugés et condamnés eux aussi à la maison d'éducation pour deux ans au moins.

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