Le 11 septembre n'a pas traumatisé les Suisses

Des événements isolés, si graves soient-ils, n'influencent le climat général qu'à court terme. Keystone Archive

Les Suisses ne se sentent pas moins en sécurité, malgré les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Ce contenu a été publié le 03 septembre 2002 - 19:18

Toutefois, s'ils restent optimistes quant à l'avenir de leur pays, il n'en va pas de même concernant la situation internationale.

Selon une enquête commandée par le Département fédéral de la défense et menée en février, 86 % des Suisses en âge de voter se sentent «très» ou «plutôt» en sécurité, soit une baisse d'un point par rapport à 2001.

Seuls 11 % se sentent plus en danger depuis les attentats du 11 septembre dernier alors que 47 % n'ont ressenti aucun changement.

Pour les auteurs de l'étude, cela montre que des événements isolés n'influencent le climat général qu'à court terme.

La confiance des Suisses semble concerner avant tout l'avenir de leur pays: 75 % (- 3 points) sont «très» ou «plutôt» optimistes.

En revanche, 47% des personnes interrogées pensent que la situation internationale sera plus sombre et plus tendue ces cinq prochaines années, soit une hausse de 7 points par rapport à 2001.

Perception contrastée de l'Etat

L'étude, réalisée par l'Ecole militaire supérieure de l'EPFZ auprès de 1201 personnes, montre aussi une relation entre la perception de la sécurité et la confiance dans l'Etat.

Ainsi, les personnes entre 30 et 59 ans, de formation moyenne ou supérieure, travaillant ou habitant en Suisse alémanique, ont un sentiment plus fort de sécurité et sont davantage satisfaites des institutions.

Une autre catégorie, majoritairement composée de personnes du sud de la Suisse, au niveau de formation bas, plutôt âgées, se méfie des institutions.

Ils ne se sentent pas en sécurité et se situent plutôt à droite. Mécontents des services de l'Etat, ces sondés restent pourtant favorables à leur maintien.

Un dernier groupe se montre plus critique face aux institutions assurant l'ordre public, comme la police ou l'armée. Ce sont avant tout des jeunes romands, au niveau de formation supérieur.

Tendance au repli

Enfin, le sondage signale une tendance au repli face à l'étranger. La neutralité a atteint un niveau record avec un soutien de 89 %.

De 59 %, les partisans d'un rapprochement plus fort avec l'Union européenne sont passés à 53 %. L'adhésion n'est toujours approuvée que par 40 % des sondés.

L'idée de rejoindre l'OTAN enregistre son plus faible score depuis 1996 avec 20 % d'opinions favorables. Même le soutien à une coopération dite «douce» en matière de politique étrangère faiblit.

De 77 %, la part des sondés favorables à un rôle plus actif de la Suisse au sein des conférences internationales a passé à 68 %. Les partisans d'un accroissement de l'aide au développement restent majoritaires (52%) mais accusent un recul de trois points.

swissinfo avec les agences

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