Le 8 mars, symbole ou alibi?

Les femmes constituent les trois quarts des plus pauvres de la planète. Keystone

Le monde n'a pas vraiment de quoi pavoiser en cette Journée internationale de la femme, tant l'égalité entre hommes et femmes est loin d'être une réalité.

Ce contenu a été publié le 07 mars 2005 - 19:01

En Suisse, la résonance del a Journée des femmes ces dernières années en Suisse s’est affaiblie sur le plan national.

En 1995, lors de la 4e Conférence de l’ONU sur les femmes, les Etats s’étaient engagé à réaliser l’égalité entre femmes et hommes et à lutter contre la pauvreté accrue des femmes.

Aujourd’hui, ce noble objectif est encore bien loin d’être atteint. Il n’y a jamais eu autant de femmes vivant dans la pauvreté. Selon les estimations de l’ONU, elles sont un milliard sur un total de 1,3 milliard de pauvres recensés. De même, 60% des «working poors» sont des femmes.

Des mots aux faits

Une nouvelle conférence sur les femmes se tient ces jours à New York. Elle doit aboutir à une Déclaration visant à mettre en pratique les programmes lancés à Pékin et au Caire (Sommet sur la population, 1994), dans le but d’améliorer la situation des femmes sur la planète.

Les discussions sont particulièrement difficiles en ce qui concerne les droits sexuels et de reproduction des femmes qui, dans des Etats tels que les Etats-Unis, le Soudan, l’Iran et le Vatican, posent toujours problème.

Bien sûr, d’énormes progrès ont été accomplis dans le domaine législatif. Et les femmes seraient aujourd’hui plus conscientes de leurs droits, selon les mots du secrétaire général de l’ONU en ce 8 mars. Mais, malgré cela, beaucoup reste à faire.

Kofi Annan s’inquiète surtout de l’augmentation alarmante du nombre de femmes atteintes du Sida, des violences dont elles sont victimes dans les conflits armés, mais aussi de la traite des jeunes femmes qui ne cesse d’augmenter.

La lutte pour les droits féminins

Historiquement, l’idée d’une journée des femmes remonte à la 2e Conférence des femmes socialistes de 1910. Le but était alors avant tout d’intensifier l’«agitation pour les droits de la femme».

En 1911, de grandes manifestations furent organisées dans de nombreuses villes américaines et européennes pour réclamer le droit de vote, l’égalité des salaires et une meilleure protection des travailleuses. Par la suite, cette journée a commencé à devenir populaire en Suisse également.

Puis, avec la guerre froide, son succès a commencé à faiblir car le 8 mars était de plus en plus considéré comme un instrument de l’impérialisme soviétique.

1975: l’Année de la femme

Les choses ont changé dès 1975, consacrée Année de la femme par l’ONU. Depuis, le 8 mars est devenu un rendez-vous officiel.

En 1981, dix ans après l'introduction du suffrage féminin en Suisse au niveau national, le principe de l’égalité entre femmes et hommes a également été ancré dans la Constitution fédérale.

La mobilisation n’a cessé ensuite de se s’affaiblir et ,depuis 1992, il n’y a plus eu de manifestation nationale. Elle est plutôt marquée par des événements décentralisés.

Jusqu’à l’année dernière. Après l’élection du gouvernement fédéral de 2003, très défavorable aux femmes, la manifestation a retrouvé un nouveau souffle et des milliers de femmes de tous horizons et partis ont fait entendre leur colère.

La route est encore longue

Aujourd’hui, c’est surtout la question de l’égalité qui fait l’objet de débats et de manifestations diverses. Bien que l’égalité soit formellement reconnue, elle est encore loin d’être pleinement réalisée.

Certes, ces dernières années, les femmes ont considérablement amélioré leur niveau de formation. En 2000, elles constituaient 44% de la population active. Mais elles effectuent toujours la plus grande partie du travail ménager et éducatif.

Celles qui veulent travailler ont une marge de manœuvre réduite car, devant tout mener de front, elles n’ont d’autre option que le temps partiel. Or ce sont ces postes-là qui sont les plus touchées par les restructurations.

Et les salaires féminins restent inférieurs à ceux des hommes. Ceux-ci gagnent toujours 20% de plus, et même 30% pour les cadres.

Une nouvelle plate-forme

La loi fédérale sur l’égalité entre hommes et femmes permet, depuis 1996, de se plaindre de discrimination dans le monde du travail.

Ce 8 mars 2005, une nouvelle plate-forme a été créée sur Internet. Avec une banque de données sur les résultats des plaintes.

Onze cantons participent à l’opération. Les bureaux de l’égalité de ces cantons veulent ainsi contribuer à créer un seuil de tolérance dans la lutte contre la discrimination entre les sexes.

swissinfo

Faits

L’idée d’une journée des femmes remonte à la 2e Conférence des femmes socialistes de 1910 avec, l'année suivante, des manifestations un peu partout en faveur du suffrage féminin. Ensuite, le 8 mars est resté une fête plutôt dans le bloc communiste.
La tradition du 8 mars a été officialisée en 1975, sacrée Année de la femme par l'ONU.
Les femmes ont obtenu le droit de vote en 1971 au plan suisse.
En 1981, le principe de l’égalité a été ancré dans la Constitution fédérale.
La loi fédérale sur l'égalité de 1996 permet de se plaindre de discrimination.

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En bref

- Les femems sont un milliard sur un total de 1,3 milliard de pauvres recensés par l'ONU.

- Elles constituent les 60% des «working poors».

- En Suisse, les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes et, chez les cadres, jusqu'à 30% de moins.

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