Le bout du tunnel au Gothard

L'entrée sud du tunnel. www.gotthard-strassentunnel.ch

Depuis lundi, le tunnel du Gothard est rouvert aux camions dans les deux sens. C'est donc la fin du système de dosage qui déplaît tant aux camionneurs étrangers.

Ce contenu a été publié le 30 septembre 2002 - 16:47

Après neuf mois de ralentissement, la Léventine recommence à respirer.

Lundi, 5 heures du matin, l'aire de stationnement de Bodio-Giornico, en Basse Léventine, n'a pas été prise d'assaut, contrairement aux prévisions.

Le trafic est resté fluide. Et, selon la police routière tessinoise, il en a été de même à l'entrée sud du Gothard, où les poids lourds sont filtrés une seconde fois avant de pénétrer dans le tunnel.

Moritz Leuenberger mis sous pression

Exit donc le système de dosage, neuf mois après son introduction. Décidé à la réouverture du tunnel, deux mois après le terrible accident du 24 octobre 2001, il a été suspendu, non sans regrets, par le ministre des Transports Moritz Leuenberger.

Son homologue italien, Pietro Lunardi, lui avait forcé la main en mai dernier. Le dosage pénalisait avant tout les routiers étrangers, en premier lieu les Italiens.

Au rythme des haltes forcées, le trajet Chiasso-Bâle pouvait durer jusqu'à 16 heures.

Hausse de la pollution atmosphérique

La fin du dosage signifie aussi, dans une certaine mesure, la fin des longues files de camions tout au long de la Léventine. Les habitants d'Airolo et de Quinto poussent donc un soupir de soulagement.

En neuf mois de colonnes, ils ont été aux prises avec une augmentation de la pollution atmosphérique et avec des nuisances de toutes sortes.

Cela dit, le système dit du compte-gouttes est vivement contesté par les routiers étrangers et par le TCS. Il consiste à filtrer les camions selon une cadence variable.

Les convois nationaux sont prioritaires

La capacité journalière du tunnel devrait désormais osciller entre 3000 et 4000 camions. Un peu plus que durant l'interdiction de croiser.

Avant le 24 octobre dernier, 4500 poids lourds en moyenne transitaient quotidiennement par le Gothard. Avec des pointes pouvant aller jusqu'à 6000.

Désormais, les convois nationaux sont prioritaires. Il en va de la bonne santé de l'économie locale. Grâce à une vignette - un «S» jaune sur fond rouge - apposée sur leur pare-brise, ils évitent les haltes obligatoires au Tessin et dans le canton d'Uri.

Les routiers suisses qui arborent cette vignette doivent démontrer qu'ils effectuent au moins dix voyages par mois au sud des Alpes. La police tessinoise a indiqué que les tricheurs risquent une amende allant jusqu'à 500 francs.

A Berne, l'Association suisse des transporteurs routiers (ASTAG) a déjà reçu environ 10 000 requêtes pour l'obtention de tels sauf-conduits.

La Commission européenne saisie

De leur côté, les routiers étrangers pensent être discriminés. La Fédération allemande des transporteurs a déjà demandé à la Commission européenne d'examiner la mesure suisse sous l'angle juridique.

Les différentes fédérations italiennes de routiers estiment, elles aussi, que le compte-gouttes va à l'encontre de l'accord bilatéral sur le trafic entre la Suisse et l'UE.

La reprise du trafic bidirectionnel dépendait des travaux de rénovation entrepris dans le tunnel. Ils se sont terminés dans les délais.

Un nouveau système de ventilation vient d'être testé avec succès: les 178 clapets d'aération placés tout au long du tube fonctionnent à merveille.

Les leçons d'un accident

Pas de surprise donc en cette première journée d'après-dosage. Mais la veille n'a pas été sans surprise. Dimanche, le tunnel a été fermé pendant trois heures à cause d'un grave accident.

Un autobus anglais transportant 39 touristes, circulant en direction du nord, s'est subitement déporté sur la gauche de la chaussée.

Il n'a pas pu être évité par une voiture allemande qui circulait en sens inverse. Son conducteur, un Italien de 44 ans, a été grièvement blessé. Assise à ses côtés, sa fillette de dix ans s'en est sortie avec des blessures légères.

«Au début nous avons craint le pire» confie un porte-parole de la police cantonale.

«Mais, l'expérience acquise après l'accident du 24 octobre dernier nous a permis d'être efficaces et rapides dans l'organisation des secours et l'évacuation des personnes impliquées dans l'accident», conclut ce même porte-parole.

swissinfo/Gemma d'Urso à Airolo

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