Le Brésil demande à Roche de réduire ses prix

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Le groupe pharmaceutique Roche semble vouloir jouer l'apaisement dans la bataille sur les brevets qui l'oppose au gouvernement brésilien. La multinationale suisse se déclare en effet disposée à négocier la question des droits de son médicament Nelfinavir, utilisé dans le traitement du Sida.

Ce contenu a été publié le 10 février 2001 - 20:25

Roche, tout comme Merck, a été sommé par le ministère brésilien de la santé de baisser le prix de ce médicament de moitié d'ici au mois de juin. Les États-Unis ont déjà déposé un recours à l'Organisation Mondiale du Commerce, basée à Genève.

La logique économique de l'industrie pharmaceutique se heurte aux besoins de la santé publique en matière de lutte contre le Sida. Le Brésil, qui délivre depuis quatre ans un traitement gratuit à base d'un cocktail de médicaments, a obtenu des résultats exemplaires qui ont enrayé les progrès de la maladie. Plusieurs pays africains pourraient en outre bénéficier de cette expérience.

Le problème reste le coût très élevé de ces médicaments, qui les rendent inacessibles à de nombreux pays en développement. Plus de la moitié du budget annuel de 300 millions de dollars du programme de lutte contre le Sida au Brésil est destiné à l'importation des produits pharmaceutiques... La production locale de médicaments génériques, qui ont les mêmes propriétés mais qui reviennent beaucoup moins chers, serait ainsi très avantageuse.

Pour cela, le Brésil envisage de casser le brevet de certains médicaments si Roche et Merck refusent de réduire leurs prix de moitié d'ici au mois de juin.

Les États-Unis ont vivement réagi, et ont déjà déposé un recours devant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Mais le ministre brésilien de la santé, José Serra, affirme que l'ensemble du programme de lutte contre le SIDA pourrait être affecté par une éventuelle victoire de l'industrie pharmaceutique.

Il se plaint, en outre, de pratiques discriminatoires: selon lui, le Brésil a une législation similaire à celle de la France ou de l'Italie, mais ces pays n'ont pas été, eux, traînés devant l'OMC.

Thierry Ogier, Sao Paulo

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