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Le Bürgenstock ne porte pas chance aux Chypriotes

Les négociations ont pris fin tard dans la nuit de mercredi au Bürgenstock.

(Keystone)

Grecs et Turcs restent divisés sur le plan définitif de réunification de Chypre présenté mercredi soir au Bürgenstock par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

Le nom de la station nidwaldienne ne restera donc pas gravé dans les livres d’histoires chypriotes.

Les pourparlers sur la réunification de Chypre se sont achevés mercredi soir sur les rives du lac des Quatre-Cantons.

Le secrétaire général de l'ONU a annoncé que les référendums sur son plan auront lieu dans les deux parties de l'île le 24 avril prochain, au lieu du 20 avril comme prévu auparavant.

A noter que c’est la première fois que des populations sont appelées à voter sur un plan imposé par les Nations-unies et qui n’a pas été approuvé par toutes les parties.

«Le plan que vous avez devant vous est très différent de celui que vous avez eu entre les mains pendant une année, a déclaré Kofi Annan. L'accord définitif sur la réunification de l'île a été amendé et révisé la nuit dernière et encore pendant la journée d'aujourd'hui.»

Des «garde-fous»

Avant d’ajouter que le nouvel Etat chypriote sera: «une fédération, composée de deux parties constituantes (...) dotées chacune d'une large autonomie. Nous avons tenté de concilier les intérêts des deux parties, afin de créer une situation win-win».

Selon le secrétaire général de l'ONU, le plan final introduit un système de propriété qui est «plus simple, plus juste et plus sûr». Il propose également une forme de gouvernement «plus fonctionnelle» et fournit davantage de «garde-fous» pour les Etats fédérés.

La procédure qui doit mener aux référendums puis - en cas d'acceptation par les deux communautés - à l'accession de l'île réunifiée à l'Union européenne (UE) le 1ermai a également été définie.

Désormais les dirigeants grecs, turcs et chypriotes grecs ont la responsabilité d'informer leurs populations sur le plan par rapport auquel elles devront s’exprimer.

Les Turcs sont satisfaits…

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est montré très satisfait de l'accord définitif.

Le plan présenté mercredi ouvre la voie à «une solution juste et permanente» a-t-il affirmé. Selon lui, «toutes les priorités des Chypriotes-turcs» ont été prises en compte.

Ils ont obtenu un Etat «bi-zonal», «l'égalité politique» et «la protection de leur intégrité nationale», a-t-il encore ajouté.

Les colons turcs résidant dans le Nord de l'île ont aussi reçu la garantie d'être protégés. Enfin, Ankara a obtenu de pouvoir maintenir ses troupes sur Chypre même après son adhésion a l'UE.

Mais pas les Grecs

Athènes a, en revanche, estimé qu'il avait été impossible de parvenir à «une solution négociée».

Pour le Premier ministre Costas Caramanlis, les pourparlers ont échoué malgré les efforts d'Athènes pour réconcilier le plan Annan avec «l'acquis communautaire et les principes fondamentaux de l'UE.

Il estime en effet que les concessions faites à la partie grecque ne sont pas suffisantes.

Et ce, malgré le fait qu’un nombre substantiel de Chypriotes-grecs pourront retrouver leurs maisons qu'ils ont dû quitter il y a 30 ans et que quelque 100 000 réfugiés pourront rentrer chez eux.

Il est également prévu que la présence militaire turque sur l'île sera aussi massivement réduite passant à 6000 hommes pour chaque partie après le référendum (40 000 à 60 000 actuellement), puis à 3000 dès 2011.

Avec l'adhésion probable de la Turquie à l'UE, elle atteindra à terme 900 militaires côté grec et 650 côté turc.

Les efforts de la Suisse

La sérénité du Bürgenstock, au-dessus du Lac des Quatre-Cantons, n’a donc pas suffi à apaiser les tensions qui déchirent l’île depuis trente ans.

Pourtant la Suisse n’avait pas ménagé ses efforts pour faciliter au maximum ces pourparlers de la dernière chance.

La contribution de la Confédération helvétique à ces négociations ne s’est d’ailleurs pas limitée à la mise à disposition de l’hôtel dans lequel elles se sont déroulées.

Dès l’an 2000, Didier Pfirter, du ministère suisse des Affaires étrangères, a travaillé comme conseiller juridique pour Alvaro de Soto, chef des négociateurs de l'ONU.

Le diplomate suisse a notamment proposé une constitution fédérale pour l’île sur le modèle helvétique. Un document qui a fortement inspiré le plan de Kofi Annan.

Le mois dernier, Didier Pfirter s’est à nouveau rendu à Nicosie, accompagné de deux experts du pool suisse pour la promotion civile de la paix. Leur tâche: conseiller les équipes de juristes turcs et grecs en vue de l’harmonisation de leurs lois respectives.

Les médiateurs suisses n’ont pas participé directement aux négociations de Bürgenstock, mais la ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a rencontré mardi le secrétaire général de l’ONU pour discuter des négociations sur Chypre.

Si elle n’a fait aucun commentaire sur les pourparlers en cours, la cheffe de la diplomatie suisse a indiqué que Berne participait à cette rencontre à hauteur de 600'000 francs, en mettant à disposition quelque 400 personnes en tant que pays hôte.

swissinfo et les agences

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