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Le calvaire des sept rescapés de Goumois

Marc Freivogel, l'un des rescapés, a repris le chemin de la Haute école de travail social de Zurich.

(Keystone)

Epilogue dans l'affaire de ces spéléologues suisses coincés trois jours durant dans un gouffre à Goumois, en France voisine. Les sept étudiants rescapés - ainsi que leur guide - étaient de retour à Zurich ce lundi. Ils ont raconté leur calvaire.

Les deux filles et les cinq garçons, tantôt souriants, tantôt graves, se sont retrouvés lundi face à une nuée de journalistes. Exercice difficile pour ces jeunes passés, ces derniers jours, de la peur à l'euphorie. Mais ils sont donc maintenant de retour chez eux, dans leur école, la Haute école de travail social de Zurich.

Ils ont raconté leur terrible aventure, commencée mercredi. Le moment, tout d'abord, où ils se sont rendu compte du fait qu'ils étaient bloqués dans cette grotte du Jura français, suite à la montée des eaux. Une nuit, puis une journée entière, une nouvelle nuit passent. Ils tuent le temps en faisant de la gymnastique, en chantant, en se racontant des histoires. Puis, vendredi, ils voient arriver deux plongeurs.

Ils sont ravitaillés, et ils apprennent qu'une énorme opération de sauvetage a été mise sur pied. Mais le plus dur reste à venir. Car un ruisseau, qui traverse la grotte, se met à enfler très rapidement. Le niveau de l'eau monte dangereusement et tout le groupe doit se réfugier sur des hauteurs. Certains vont ainsi devoir rester debout, faute de place, durant vingt heures.

Ce n'est donc finalement que samedi soir qu'ils pourront tous, sains et saufs, ressortir de la grotte. Un sentiment d'euphorie: «C'était comme une deuxième naissance», témoigne Marc Freivogel.

Les étudiants, qui ont tenu à préciser qu'ils étaient tous volontaires pour cette excursion, n'ont par contre pas voulu s'exprimer sur la question d'une éventuelle faute. En outre, ils ont souligné le professionnalisme de leur guide, Judith Steinle, qui considère avoir fait son travail au mieux.

Plus tôt dans la journée, ce sont les responsables de l'école qui avaient exprimé leur soulagement de voir cette aventure bien se terminer. Ils sont restés par contre très prudents sur la question du partage des responsabilités. Ce sont des experts extérieurs qui devront examiner cette question.

«En l'état actuel des choses, nous ne voulons rejeter la faute ni sur les uns, ni sur les autres», a déclaré la conseillère nationale Rosmarie Zapfl, présidente du Conseil de fondation de la Haute école.

En attendant d'en savoir plus, les responsables de l'école n'envisagent pas de renouveler ce genre d'expérience, qui avait un but de formation, dans le cadre d'une semaine à option. Une démarche qualifiée de «pédagogie du vécu», qui est justifiée par Silvia Wyss, l'une des responsables de l'école: «Il ne s'agissait pas chercher les limites entre la vie et la mort.»

«C'est une expérience sociale, où un groupe doit s'organiser dans une situation un peu extraordinaire. On l'utilise par exemple avec des ex-toxicomanes ou des jeunes peu sociables. Les étudiants ont choisi ce sujet, parce qu'ils voulaient en savoir plus.»

L'affaire risque en tout cas d'avoir des échos jusqu'aux Chambres fédérales, puisque c'est lors de la session d'été que doit être débattue, au Conseil national, une motion demandant un meilleur encadrement légal des activités sportives à risque.

Pierre Gobet, Zurich

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