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Le chorégraphe suisse Philippe Saire cartonne en Irlande

Un spectacle sur les frontières invisibles qui nous séparent ou nous rapprochent les uns des autres. (photo tirée du site du DTI)

Le Lausannois Philippe Saire a créé une chorégraphie pour le Dance Theatre of Ireland (DTI) qui plaît. Le spectacle «A question of distance» est dansé dans toute l'Irlande jusqu'au 4 mai. Et devrait être interprété, en automne, à Lausanne.

Pour la première fois, un chorégraphe suisse est accueilli en Irlande. Philippe Saire vient, en effet, de monter «A question of distance» pour le DTI. C'est d'ailleurs sa première chorégraphie avec une compagnie qui n'est pas la sienne.

En Irlande, curieusement, la danse contemporaine est encore le parent pauvre du classique. Là-bas, danse rime plutôt avec ballet ou folklore. Toujours est-il que les deux directeurs du DTI, Robert Connor et Loretta Yurick, avaient entendu parler de Philippe Saire dans les revues de danse.

Tous deux sont venus voir Philippe Saire et sa compagnie dans «Faust» à Lucerne. Et, ils ont été immédiatement séduits par son travail, à la frontière entre l'abstrait et le narratif.

«Nous avons travaillé avec Philippe sur la perte d'équilibre et les mille manières de se rattraper, de canaliser l'énergie engendrée, expliquent les deux directeurs du DTI. «Ou encore sur la fragmentation du corps, le passage d'un mouvement à un autre.»

D'un côté, les directeurs du DTI veulent donner au public irlandais l'occasion de voir ce qui se fait ailleurs, en l'occurrence en Suisse. De l'autre, il leur semble important pour leurs danseurs de travailler avec des chorégraphes d'horizons différents.

«A question of distance» est un spectacle sur nos petits territoires, sur les frontières invisibles qui nous séparent ou nous rapprochent les uns des autres. Aussi, Philippe Saire s'est demandé ce qui pouvait bien se passer lorsqu'on les transgressait. Provoquent-ils séduction, répulsion ou indifférence?

C'est sur ces questions en suspens qu'ont pris forme les mouvements de «A question of distance» du DTI. Les séquences dansées dans le silence alternent avec celles animées par des cordes ou des chansons de Nat King Cole.

Enveloppés d'habits écarlates ou vert pomme, les six danseurs (4 femmes et 2 hommes) explosent dans un espace limité par un carré de lumière. Tantôt, les couples se croisent, tantôt ils se bousculent. Mais, ils finissent toujours par tomber dans les bras l'un de l'autre.

Même si les danseurs ne sont pas ceux de sa compagnie, on reconnaît dans «A question of distance» l'écriture chorégraphique de Philippe Saire, relève l'envoyée spéciale du quotidien Le Temps, Anna Hohler.

Et c'est tant mieux, serait-on tenté de commenter. Tant le chorégraphe lausannois travaille intelligemment depuis une vingtaine d'années pour pas moins d'une quarantaine de spectacles à l'actif de sa propre compagnie.

Pour preuve, même un critique dublinois devait écrire après la première, à Dublin, le mardi 3 avril, qu'il avait assisté à l'un des meilleurs shows jamais donné au Dance Theatre of Ireland.

En tous les cas, le public irlandais a été conquis par le travail du chorégraphe suisse. Il lui a souri et s'est même mis à rire devant les tableaux humoristiques de la pièce chorégraphique.

Dès lors, on espère très fort que «A question of distance» de Philippe Saire puisse être dansé, en automne, à Lausanne, par le Dance Theatre of Ireland, lors du Festival de danse contemporaine au Théâtre Sévelin 36.

Emmanuel Manzi

Prochaine représentation en Irlande: 19 avril au Backstage Theatre Longford/Téléphone (043) 47889


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