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Le CICR revient sur les tortures en Irak

Jakob Kellenberger: "A moi aussi, il m'est parfois difficile de me taire".

(Keystone Archive)

«Si le CICR rendait public ses rapports de visites, il n’y aurait plus beaucoup de lieux de détention auxquels nous aurions accès», lance son président.

Dans une interview à la SonntagsZeitung, Jakob Kellenberger répond à ceux qui l’accusent d’avoir tant attendu pour parler des tortures en Irak.

«La confidentialité à laquelle s’astreint le CICR n’est pas un but en soi. Elle sert l’efficacité de notre action humanitaire», rappelle Jakob Kellenberger dans une interview à l’hebdomadaire dominical alémanique SonntagsZeitung.

Et le président du Comité international de la Croix-Rouge d’ajouter que lui aussi a parfois «de la peine à se taire».

Jakob Kellenberger défend la position de l'institution, critiquée par certains pour ne pas avoir dénoncé publiquement le scandale des tortures et sévices infligés à des détenus dans la prison irakienne d'Abou Ghraib, près de Bagdad.

«Si le CICR rendait public ses rapports de visites, il n'y aurait plus beaucoup de lieux de détention auxquels nous aurions accès», ajoute son président.

Rien que l’an dernier, les délégués de la Croix-Rouge ont visité près d’un demi-million de personnes dans 1900 prisons de 80 pays.

«Un langage clair»

Jakob Kellenberger rappelle également que les premiers responsables de ce scandale sont les gouvernements américain et britanniques, et non le CICR.

Dans un rapport daté de février 2004, l’institution avait dénoncé les mauvais traitements infligés aux prisonniers irakiens à Abou Ghraib. Ses délégués ont en effet été admis à visiter régulièrement les lieux dès le printemps 2003.

«A l'égard des autorités, nous parlons toujours un langage clair», répète Jakob Kellenberger.

Mais il aura fallu attendre la publication de photos de sévices dans les médias, à fin avril, pour que le rapport du CICR retienne l'attention des gouvernements de Washington et de Londres.

«Pas de compromis possible»

Côté américain, on réclame désormais une «plus grande liberté» dans les moyens autorisés pour obtenir des informations lors d’interrogatoires de terroristes présumés.

Requête irrecevable pour le président du CICR. «La lutte contre le terrorisme ne doit pas devenir un argument pour relativiser la protection de la dignité humaine. Dans ce domaine, il n’y a pas de compromis possible», martèle Jakob Kellenberger.

Et de rappeler que le Droit international humanitaire (DIH) tient compte des intérêts de sécurité légitimes des Etats et en même temps, garantit la protection de la vie et de la dignité des hommes.

Le CICR est le gardien des Conventions de Genève, qui interdisent toute forme de torture ou de mauvais traitements à l'encontre des prisonniers de guerre, civils ou militaires. Notamment lors des interrogatoires.

Présent malgré tout

«Nous retournerons bientôt à Abou Ghraib, afin de faire un nouveau constat de la situation. Depuis une année, nous avons vu certaines choses s’améliorer, mais toutes nos demandes n’ont pas été suivies d’effets», affirme encore Jakob Kellenberger

Pour autant le CICR - qui, depuis l’attentat du 27 octobre 2003 mène ses opérations à partir d’Amman, en Jordanie -, n’a pas encore planifié son retour officiel en Irak.

L’institution y est malgré tout présente. Ses délégués visitent des prisonniers (dont Saddam Hussein) et son personnel local distribue de l’aide médicale d’urgence.

swissinfo et les agences

En bref

- Fondé en 1863 par le Suisse Henri Dunant, le mouvement de la Croix-Rouge est aujourd'hui scindé en deux organismes distincts, ayant tous deux leur siège à Genève.

- Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est le gardien des Conventions de Genève, base du Droit international humanitaire, qui interdisent notamment toute forme de torture ou de mauvais traitements à l'encontre des prisonniers de guerre, civils ou militaires.

- La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge regroupe de son côté les 181 sociétés nationales existantes. Leur mandat est de fournir de l'assistance aux victimes de catastrophes et de contribuer à améliorer les conditions sanitaires en général.

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