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Le climat politique se délite, l’escalade se poursuit

L'UDC a acheté des espaces dans la presse helvétique pour essayer d'étayer sa théorie d'un complot contre Christoph Blocher.

(swissinfo.ch)

Le climat politique est devenu tellement haineux en Suisse à l’approche des élections fédérales d’octobre que Pascal Couchepin n’hésite plus à tirer un parallèle avec le fascisme des années 30.

Le ministre de l’Intérieur emploie des mots très forts pour critiquer les méthodes de campagne et la théorie du complot utilisées par la droite nationaliste, l’Union démocratique du centre (UDC).

Il n'existe aucun complot pour renverser un ministre, a déclaré le chef du Département de l’Intérieur dans une interview diffusée vendredi par la Radio suisse italienne.

Selon Pascal Couchepin, «personne, pas même le Duce» n’est indispensable au bien-être du pays. En évoquant des complots contre le ministre Christoph Blocher, membre de l’UDC, ce parti fait «de la propagande au mauvais sens du terme».

Le conseiller fédéral fait néanmoins entièrement confiance aux électeurs: «Le peuple suisse est constitué d'une majorité de gens raisonnables, qui savent se forger leur propre opinion».

Une «attitude répugnante»

Au micro de la Radio suisse alémanique cette fois, Pascal Couchepin a déclaré que le rapport de la Commission de gestion de la Chambre basse du Parlement (autorité de surveillance parlementaire) concernant l’«Affaire Blocher-Roschacher» contenait de graves critiques.

Jeudi, les ténors de l’UDC ont martelé que le rapport en question ne cherchait qu'à dénigrer Christoph Blocher et son parti avant les élections.

Pour les démocrates du centre, ce n'est pas la première fois que la commission de gestion tente de dénigrer le travail de Christoph Blocher. Mais «cette dernière tentative, qui ne repose sur aucune preuve sérieuse, dépasse les limites de l'acceptable et équivaut à une conspiration. Cette attitude est répugnante et condamnable.»

L'UDC insiste sur le fait que, selon elle, le rapport charge Christoph Blocher de tous les maux sans adresser la moindre critique à l'ancien procureur. Elle en tire donc la conclusion que «cette présentation n'a aucun rapport avec la réalité».

Pour la politologue bernoise Regula Stämpfli, il est clair que l’UDC va tout tenter pour faire passer le ministre de la Justice pour une victime, et gagner les élections fédérales.

Une plainte pour indiscrétion

Comme si cela ne suffisait pas, le radical (PRD, centre droit) Marc Suter - membre de la Commission de gestion de la Chambre basse du Parlement – affirme dans la presse que le rapport aurait pu être rendu public plus tôt si certains représentants de l'UDC siégeant à la sous-commission qui traite ce dossier ne s’y étaient pas opposés.

Dans la foulée, la présidente démocrate-chrétienne (PDC, centre-droit) de cette sous-commission, Lucrezia Meier-Schatz, a déclaré qu’une plainte avait été déposée pour indiscrétion.

Le Ministère public de la Confédération (MPC) devra dire si des fuites provenant de la sous-commission ont permis à certains médias d'accéder au dossier sur le supposé complot contre l'ex-procureur Valentin Roschacher.

De toute évidence, la session d'automne des Chambres fédérales s'annonce houleuse. Tant l'UDC que le PRD ont demandé vendredi un débat urgent, le premier sur le mandat et la manière de travailler de la commission de gestion, le second sur la séparation des pouvoirs.

swissinfo et les agences

L’«AFFAIRE» ROSCHACHER

Sous le feu des critiques et peu apprécié du ministre de la Justice Christoph Blocher, le procureur général de la Confédération Valentin Roschacher a quitté son poste en juillet 2006.

Le magistrat était dans le collimateur de certains organes de presse suite à l'utilisation d'un ex-trafiquant de drogue colombien comme informateur. Il a été blanchi par le Tribunal pénal fédéral (TPF) en septembre 2006.

En janvier de cette année, la délégation des finances du Parlement a constaté que Christoph Blocher avait outrepassé ses compétences en réglant lui-même les modalités de la démission de Valentin Roschacher. Il revenait au gouvernement dans son ensemble d’en décider

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