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Le coeur photographique de la Suisse

Scène d'effroi dans un train fantôme, Zurich, 1956.

(Fondation suisse pour la photographie)

Le Fotomuseum de Winterthour a un nouveau voisin depuis samedi: la Fondation suisse pour la photographie, gardienne du patrimoine, qui inaugure de nouveaux locaux.

Ensemble, ils créent un nouveau Centre de la photographie appelé à rayonner sur la Suisse.

Urs Stahel, directeur du Fotomuseum, a manifestement décidé de modifier son vocabulaire: ces derniers mois, il avait coutume de distinguer «son» musée en l’appelant «Rive gauche» et le futur bâtiment de la Fondation, situé de l’autre côté de le rue, en le nommant «Rive droite».

Jeudi, lors de la présentation du nouveau centre aux médias, il s’est donné la peine de dire à chaque fois le nom de la rue, Grüzenstrasse 44 pour le Musée, Grüzenstrasse 45 pour la Fondation.

Moins chic que la référence parisienne, mais peut-être plus clair pour les visiteurs qui ne connaîtraient pas Winterthour, sixième ville de Suisse avec 92’000 habitants, à 20 minutes de Zurich, comme leur poche...

Dix ans de Fotomuseum

Ouvert en 1993, le Fotomuseum a déjà su conquérir un vaste public avec une soixantaine d’expositions majoritairement axées sur des recherches formelles, sans que le reportage soit totalement exclu pour autant.

De son côté, la Fondation, née en 1971, se trouvait à l’étroit dans les murs du Musée des Beaux-Arts de Zurich. Sa vocation est de maintenir et de faire connaître le patrimoine photographique suisse. Elle compte actuellement quelque 30 fonds et près de 30’000 tirages originaux.

L’offre de réunir les deux entités est venue de la Fondation Volkart d’Andreas Reinhart, dont le frère Georges, décédé depuis, avait déjà financé la création du Fotomuseum. La Fondation y a investi 8,4 millions de francs.

A quoi s’ajoutent 1,6 million versés par les cantons alémaniques et le Jura ainsi que d’autres fondations.

Caractère industriel maintenu

Comme le Fotomuseum, la Fondation a pris ses quartis dans un ancien bâtiment industriel, dont la rénovation respecte la particularité. La brique rouge de ces anciennes usines est encore très présente dans toute la rue, comme à Winterthour en général.

En entrant, le visiteur peut choisir entre un coin «lounge», avec accès Internet spécifique sur des sites dédiés à la photographie ou, directement, un restaurant dessiné par le styliste Hannes Wettstein et son bureau zed.

Deux parcours d’exposition sont proposés. A gauche, quatre salles seront dédiées aux collections du Fotomuseum, qui, pour la première fois, pourra se consacrer à ses propres oeuvres tout en organisant des expositions dans le bâtiment d’en face, «chez lui».

L’autre salle d’exposition, au fonds du bâtiment, est réservée à la Fondation. Ce vaste espace permet d’embrasser d’un seul regard toutes les oeuvres accrochées.

La «Grüzenstrasse 45» (la Fondation) compte encore une bibliothèque spécialisée avec places de travail, deux salles de séminaires et un dépôt qui, selon Martin Gasser, de la fondation, est une première en Suisse.

La Fondation a conçu de hauts et larges panneaux métalliques coulissants, sur lesquels les oeuvres sont accrochées, facilitant ainsi leur consultation.

«Renouveau radical»

Pour la fondation, cette installation à Winterthour est un «renouveau radical», a déclaré le directeur Peter Pfrunder. «Pour la première fois en trente ans d’existence, nous sommes dans nos propres murs.»

Mais les deux institutions garderont leur identité et leur mission particulière. La formule n’est d’ailleurs pas nouvelle: Cologne et Rotterdam abritent également de tels centres.

«Mais des synergies nous permettront de mettre sur pied des événements impossibles à organiser seuls.» Grâce à leurs locaux, de «grandes» expositions pourront voir le jour, complétées par des manifestations annexes, avec même des possiblité de cours.

«Dans notre cas, il est évident que un plus un fait nettement plus que deux», a insisté Peter Pfrunder.

Les responsables rappellent aussi que, bien que la photographie soit deplus en plus présente dans les musées généralistes, ceux-ci ne couvrent toujours que «un pour cent de la production photographique passée et contemporaine». D’où le besoin de centres spécialisés.

Une triple exposition

Pour son ouverture, le nouveau Centre offre une triple exposition emblématique des lignes de force des deux institutions.

Avec «Les années 50», la fondation présente un poignant retour en arrière, grâce à deux grands photo-reporters suisses, Ivan Dalain et Rob Gnant.

Les deux hommes ont travaillé pour l’hebdomadaire «Die Woche», édité à Olten entre 1951 et 1973.

Mélange de reportage social, en Suisse et dans le monde, et d’illustrations de mode ou de personnalités connues, le magazine a permis la diffusion de témoignages photographiques uniques.

«Dalain et Gnant ont su voir les fêlures qui se dessinaient dans cette décennie que l’on croyait lisse, a expliqué Peter Pfrunder. Leurs images sont en quelque sorte la pré-histoire de l’autre exposition, Cold Play.»

«Cold Play, Set 1» est le titre du premier accrochage organisé avec des oeuvres de la collection du Fotomuseum. Robert Frank, Larry Clark, Nicolas Faure, et d’autres posent des regards souvent désenchantés sur le monde contemporain.

Quant au Fotomuseum lui-même, il a organisé un parcours fait d’oeuvres assez hétéroclites de huit photographes femmes, toutes âgées entre 30 et 40 ans et intitulé «Ordre & Chaos.»

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Winterthour

Faits

Le Fotomuseum de Winterthour a été créé en 1993 et a organisé 65 expositions en 10 ans.
La Fondation suisse pour la photographie (Fotostiftung Schweiz) a été créée en 1971 et était jusqu’ici logée au Musée des Beaux-Arts de Zurich.
Le nouveau Centre pour la photographie de Winterthour ouvre le 15 novembre.
Ses archives comprennent 30 legs et environ 30’000 tirages originaux, complétés par des prêts de la Confédération.
Trois expositions sont à l’affiche du nouveau Centre: «Les années 50», exposition consacrée aux reportages d’Ivan Dalain et et Rob Gnant pour le magazine «Die Woche». (Jusqu’au 8 février 2004)
«Cold Play, Set 1» est le premier accrochage avec des oeuvres de la collection du Fotomuseum (jusqu’au 13 juin 2004).
Quant au Fotomuseum lui-même, il présente un parcours fait d’oeuvres de huit photographes femmes, âgées entre 30 et 40 ans et intitulé «Ordre & Chaos.» (Jusqu’au 8 février 2004)

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