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Le combat contre le crime des mousquetaires genevois

Le procureur général du canton de Genève, Bernard Bertossa.

Réunis à Palerme depuis mardi, les participants à la conférence sur le crime organisé ont signé la première convention de l´ONU sur cette question. Dans cette lutte sans pitié contre la mafia, Genève joue un rôle de tout premier plan depuis une décennie.

«Dans la justice ou le chaos», l'un des ouvrages les plus marquants en Europe sur les «Affaires», l'auteur, Denis Robert, rend un hommage appuyé à Bernard Bertossa, procureur général de Genève.

«C'est l'homme charnière de ce livre. Si les affaires sortent en Europe, c'est en partie grâce à sa politique judiciaire», écrit cet ancien journaliste. D'ailleurs, le fameux Appel, signé par quelques-uns des principaux magistrats du continent, comme l'Espagnol Baltasar Garzon Real et le Français Renaud Van Ruymbeke, a bien été signé dans la Cité de Calvin en 1996.

En 1990, alors que Genève, victime d'une justice en piteux état, prend de plus en plus des allures de république bananière, une trentaine de personnalités de droite appellent à voter pour un procureur socialiste afin, disent-elles, que la ville du bout du lac retrouve «son honneur et son crédit».

Ancien avocat et ancien président du Tribunal de police, Bernard Bertossa, 47 ans, l'emporte avec 53,6 pour cent des suffrages sur le juge démocrate-chrétien Jean Maye. «Depuis, grâce à son impulsion, il existe aujourd'hui à Genève une véritable volonté de lutter contre le crime organisé», souligne Paul Perraudin, 48 ans, l'un des juges spécialisés dans les affaires financières, en charge notamment du dossier Elf.

Bernard Bertossa a réussi à attirer au Palais de justice de Genève de bons avocats et d'excellents juristes dans les établissements bancaires, qui ont accepté de faire une croix sur de copieuses rémunérations.

Parmi eux, Laurent Kasper-Ansermet, 53 ans, procureur puis juge d'instruction, tourné vers les affaires russes, et plus spécialement les détournements de fonds au détriment du FMI, et Daniel Devaud, qui ne lâche pas d'une semelle Pavel Borodine, ex-intendant du Kremlin.

Ajoutez Jean-Louis Crochet, 51 ans, d'abord juge d'instruction, puis procureur. C'est lui qui a mis la main sur le mythique compte «Protezionne» à l'UBS de Lugano, alimenté par l'argent sale transalpin. Et Georges Zecchin, qui traque les fonds dissimulés par l'ancien dictateur du Nigeria Sani Abacha.

«Quand un juge américain ou espagnol est satisfait de nos services, il nous recontacte rapidement. Résultat, nous ployons sous les demandes d'entraide», constate Daniel Dumartheray, 45 ans, entré en «religion» avec Bernard Bertossa, qui lui a confié le délicat dossier de la BCGe.

Ian Hamel

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