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Le Conseil national veut réhabiliter les opposants au fascisme

Défilé des Brigades internationales à Madrid pendant la guerre civile espagnole.

(Keystone)

La Suisse devrait réhabiliter toutes les personnes qui ont aidé des victimes du nazisme ou du fascisme à fuir. Par 104 voix contre 50, le Conseil national a décidé jeudi de donner suite à une initiative parlementaire en ce sens.

Il s'agit là d'une première. Le texte, émanant du conseiller national Paul Rechsteiner (PS/SG), demande d'abroger tous les jugements prononcés. Les Suisses qui ont lutté dans la Résistance française et au cours de la guerre civile espagnole en tant que membres des Brigades internationales seraient aussi concernés.

«Il faut se souvenir de ces personnes, et ne pas voir uniquement les aspects négatifs de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale, souligne Paul Rechsteiner. Au-delà des Etats et des banques, il faut montrer la responsabilité de chacun.»

Cette proposition regroupe cependant des réalités très différentes. Premier cas: celui de Suisses qui se sont engagés en Espagne ou en France. Le droit actuel prévoit encore, comme à l'époque, l'interdiction de servir dans une armée étrangère.

Les autorités helvétiques ont d'ailleurs déjà balayé plusieurs propositions visant leur réhabilitation. Elles semblent vouloir éviter de créer un précédent.

«La Suisse est l'un des Etats démocratiques qui a le plus durement sanctionné les brigadistes, souligne l'historien Mauro Cerutti. Certains ont été emprisonnés plusieurs mois, voire une année.»

Mais l'initiative Rechsteiner se veut beaucoup plus large, et c'est d'ailleurs peut-être ce qui explique son succès. «En commission, nous avons parlé en priorité des personnes qui ont aidé les réfugiés», souligne Paul Rechsteiner.

Des distinctions pourraient d'ailleurs être faites entre ces différentes catégories d'opposants au fascisme et au nazisme. Le projet nécessite en effet encore quelques travaux, avant d'être soumis au Conseil des Etats.

«Si on va vers une réhabilitation des personnes qui ont aidé des victimes du nazisme à fuir, c'est loin d'être acquis pour les brigadistes et les anciens résistants», estime Mauro Cerutti.

Reste que la décision du Conseil national est une première: «Le Parlement a exprimé sa volonté de faire quelque chose, et c'est très positif, se réjouit Paul Rechsteiner. C'est un aspect totalement nouveau.»

Caroline Zuercher

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