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Le court métrage suisse se porte bien, merci!

«Swapped»: mon père contre une guitare électrique, OK?

(Image tirée du film "Swapped")

Swissfilms a édité un double DVD qui comprend 10 courts métrages helvétiques. Et pas des moindres, puisque plusieurs ont récolté des prix internationaux.

Une preuve de plus que les talents ne manquent pas dans un cinéma suisse pourtant morose.

L’Agence suisse du court métrage, devenue une section de Swissfilms, est passée à l’action: le double DVD, «Short Cross 03» offre un bon panorama de la production locale en matière de courts métrages.

Un domaine dans lequel la Suisse est reconnue internationalement. Ainsi, parmi les dix films rassemblés ici, sept ont récolté des prix lors de festivals, dont quatre à l’étranger.

Les chouchous des festivals

C’est le cas du génial «Nosferatu Tango» du Genevois Zoltan Horvath, que bon nombre de cinéphiles ont pu voir sur grand écran avant un long métrage. Il a notamment été couronné de deux prix au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

Dans un monde animé qui se plie et se déplie comme un livre pour enfants, le spectateur suit un moustique qui tombe amoureux de Nosferatu. La voix off compose une mélodie très helvétique: un mélange de toutes les langues nationales.

Autre petit bijou très apprécié à l’étranger: «Swapped» de Pierre Monnard. Là, c’est l’humour absurde du film qui a séduit, comme le traitement de l’image, tout en couleurs saturées.

Cette histoire d’échanges successifs entre enfants (mon père qui ne sert à rien contre ta guitare électrique, etc.) a réussi à charmer les Anglais, pourtant doués dans ce registre, sur leurs terres. Résultat: il a reçu le prix 2002 du meilleur court des Royal Television Society Awards de Londres.

La langue sans handicap

Humour carrément noir celui-là, le film grinçant de Rolando Colla, «Einspruch III». Un réfugié handicapé est refoulé à la frontière sans sa prothèse par des fonctionnaires bornés. Langue de bois contre jambe de bois, le tout soutenu par les rires incongrus d’un public imaginaire, façon sitcom.

Le film gagne en réalisme et en piquant grâce à la langue suisse alémanique. Et en l’occurrence, l’emploi du dialecte n’a pas empêché ce film de remporter un joli succès au-delà de ses frontières linguistiques.

Le «Soufflé» de Elena Rutmann, qui en un temps de cuisson record, retrace un chassé-croisé adultérin, gagne aussi à avoir été tourné en suisse allemand.

«Ces films traitent de thèmes universels, explique Philippe Clivaz. Contrairement à ‘Achtung Fertig Charlie’ qui était vraiment fait pour un public suisse alémanique.»

Le responsable du secteur court métrages de Swissfilms se réjouit d’ailleurs de voir que des jeunes cinéastes, très ancrés dans leur société puisqu’ils tournent en dialecte, parviennent à toucher un large public. «C’est très prometteur pour le cinéma suisse.»

Les frontières et la mort

Très présente dans la société suisse, la problématique des frontières revient aussi dans «Joshua» d’Andreas Müller. Mais là, sur le mode fantastique, qui lui apporte une dimension allégorique.

La situation spécifique de la Suisse, au centre de l’Europe, seul pays surveillant encore jalousement ses frontières, a manifestement inspiré ce thème récurrent.

Autre référence tristement nationale: le suicide. Sachant que la Suisse en détient le record en Europe, on ne s’étonne guère de voir ce thème obséder les jeunes auteurs. Il occupe une place centrale dans «Suite 705», une histoire sombre et ‘psychologisante’.

Inspiré de la célèbre association zurichoise du même nom, «Exit», traite pour sa part du suicide assisté d’un couple. Le mari, en bonne santé, va hésiter à suivre sa femme malade dans la mort.

Coup de coeur

Les dix films sélectionnés l’ont été parmi environ 80 films. «Ils devaient plaire à un large public d’abord, explique Philippe Clivaz. Mais nous avons aussi eu des coups de cœur».

Film de danse, «The Moebius Strip» en est un, sans conteste. Pas facile d’accès, il se révèle malgré tout assez vite hypnotique, soutenu par la musique bruissante et caverneuse de Franz Treichler (Young Gods). Filmés au corps à corps, les mouvements chorégraphiés par Gilles Jobin fascinent.

Réalisé par Vincent Pluss, Prix du cinéma suisse 2003, cet opus a récolté le «Best Camera Work Award» du festival de films de danse de Monaco en 2002.

Treichler, Jobin… Des noms célèbres hors de nos frontières qui auraient pu servir d’argument promotionnel sur la jaquette de Short Cross 03. Que nenni! «Nous ne voulions parler que de l’essentiel: le film en tant que tel», réplique Philippe Clivaz. Qui cette fois-ci a préféré ‘donner à voir’ plutôt que de continuer à discourir sur les manques de moyens du cinéma suisse.

Opération renouvelée en 2004

On sait déjà que Swissfilms sortira un «Short Cross 2004». On s’en réjouit, puisque ces films, preuve flagrante du potentiel cinématographique suisse, sont vus trop peu souvent au cinéma.

Pourtant les distributeurs, américains compris, sont demandeurs. «Mais il manque des films vraiment courts (maximum 10 min) et percutants», conclut Philippe Clivaz.

swissinfo, Anne Rubin

En bref

- «Short Cross 2003»: Publié par l’Agence suisse du court métrage et distribué par Anime Virtual SA, CH-1020 Renens.

- DVD 1: «Nosferatu Tango» de Zoltan Horvath; «Einspruch III» de Rolando Colla; «Soufflé» de Elena Rutmann; «Exit» de Benjamin Kempf; «Suite 705» de Michael Steiner.

- DVD 2: «Gefangen» de Michael Jurg Bolliger; «Joshua» de Andreas Muller; «Swapped» de Pierre Monnard; «Mieux que rien» de Julien Sulser; «The Moebius Strip» de Vincent Pluss.

- Parmi les dix films rassemblés sur ces DVD, sept ont récolté des prix lors de festivals, dont quatre à l’étranger.

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