Le Credit Suisse Group veut passer l'éponge

Les banquiers ont réagi au rapport publié lundi par la Commission fédérale des banques (CFB), le gendarme de la place financière suisse. Un texte sévère quant à l´attitude de certains établissements dans l´affaire Abacha.

Ce contenu a été publié le 04 septembre 2000 - 18:33

Première réaction: celle du Credit Suisse Group, l'une des principales banques visées par les reproches de la CFB. Le Credit Suisse, par l'intermédiaire de son unité de gestion de fortune, se défend en déclarant qu'il a tiré les leçons de cette affaire. «La banque a pris des mesures internes depuis plusieurs années afin d'empêcher qu'un cas similaire ne se reproduise à l'avenir», explique le CS dans un communiqué.

De son côté l'UBS, qui sort blanchie de cette enquête, ne tient pas à pavoiser. Elle se refuse à tout commentaire, de peur d'avoir l'air d'accuser ses confrères, et elle renvoie à l'Association suisse des banquiers. L'ASB qui souligne que ces critiques posent avant tout le problème de la manière dont les banques mettent en œuvre la réglementation actuelle. Une application qui doit, selon l'association, «si nécessaire faire l'objet d'amélioration dans les banques».

L'ASB juge en outre cette affaire «très fâcheuse» et elle admet qu'elle nuit à la réputation de la place financière helvétique. Une atteinte que souligne également la Commission fédérale des banques. Mais pour Daniel Zuberbühler, directeur du secrétariat de la CFB, cette affaire a également un aspect positif, en montrant que la Suisse prend au sérieux les règles destinées à lutter contre ce genre de pratiques: «au moins nous pouvons dire que nous avons des règles que d'autres n'ont pas et que nous les appliquons sérieusement».

Quant au ministre des Finances, Kaspar Villiger, il n'a pas caché son irritation, face aux conclusions ce rapport. «La Suisse ne veut pas de tels fonds et sa place financière n'en a pas besoin», a regretté le conseiller fédéral.

Pierre Gobet

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