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Le destin tragique des petits ramoneurs tessinois

Détail de la gravure de Hannes Binder qui orne la couverture de «Die schwarzen Brüder».

(Hannes Binder)

Triste histoire vraie que celle des petits ramoneurs tessinois, à Milan, du milieu du 19e jusqu’au début du 20e siècle.

Une histoire qu’on peut découvrir, à travers les gravures du dessinateur zurichois Hannes Binder, au Centre culturel suisse (CCS) de Milan.

Terribles, d’une réalité crue, les gravures du Zurichois Hannes Binder sont un véritable coup de poing dans l’œil du visiteur.

Apposées aux parois blanches du Centre culturel suisse (CCS) de Milan, une centaine d’œuvres, réalisées sur des cartons noirs, retracent dans les moindres détails et sur la base des iconographies de l’époque, l’histoire des petits Tessinois des hautes vallées.

Pour fuir la misère qui devenait plus noire encore en hiver, ils «descendaient» à Milan et dans toute la Lombardie. Grâce à leur petite taille, qui leur permettait de se glisser facilement le long des conduits des cheminées, ils étaient engagés comme ramoneurs dans les demeures des riches bourgeois.

Quasiment réduits à l’esclavage, ils travaillaient dans des conditions épouvantables. Au risque d’y laisser leur peau – et cela arrivait fréquemment. D’autres, bien peu d’entre eux et les plus chanceux, échappaient à leur triste destin lorsque la famille qui les avait engagés les prenait en sympathie et les adoptait.

Triste page de l’histoire de l’émigration tessinoise

Cette page, l’une des plus tristes de l’histoire de l’émigration tessinoise, qui s’étend de 1850 à 1920 environ, a été maintes fois racontée. Historiens et écrivains y ont consacré des dizaines d’ouvrages.

«Les Frères noirs», traduit de la version originale «Die schwarzen Brüder», le livre pour enfants que l’Allemande Liza Teztner a écrit en 1940/41 avec son mari l’écrivain Kurt Kläber, a été réédité en 2001. C’est sans conteste l’un des témoignages les plus bouleversants. Les gravures d’Hannes Binder illustrent d’ailleurs cette seconde édition.

Le livre raconte l’histoire vraie de Giorgio, un adolescent de 14 ans du Val Verzasca, qui, en 1839, fuit la misère de sa vallée pour «descendre» à Milan. Comme tant d’autres de ses jeunes compatriotes, Giorgio devient ramoneur.

Grâce à la solidarité et à l’amitié des autres ramoneurs, réunis en une association, celle des «Frères noirs» justement, il parvient à échapper à la solitude et à la tristesse de sa nouvelle condition.

Un projet de longue haleine

«Les images d’Hannes Binder frappent par l’atmosphère qu’elles dégagent, une atmosphère aussi dense que le récit qu’elles accompagnent», a déclaré Claudia Cattaneo, co-directrice du «Gewerbemuseum» de Winterthour, qui a collaboré à la mise sur pied de l’exposition, lors de l’inauguration.

«On y voit des paysages et des hommes qui deviennent palpables, on y voit la tempête, le froid, le feu, la suie, les cheminées et les toits de Milan prendre forme.»

Le projet d’illustrer un ouvrage pour enfants de 600 pages tel que le livre de Lisa Teztner n’a pas été aisé, a souligné Mme Cattaneo. Hannes Binder, devenu célèbre pour avoir mis en images les livres policiers de Friedrich Glauser, y a travaillé longuement.

«Il est parvenu à réaliser l’impossible et ce qu’il a créé est bien davantage qu’une simple illustration du roman, il en a fait une sorte de film en noir-blanc, sur papier» a poursuivi la vice-directrice du musée de Winterthour.

De Sonogno à Milan

Présent à l’inauguration de son exposition, Hannes Binder a expliqué avoir travaillé des années sur le livre «Les Frères noirs»: «J’ai fait de longues recherches, visionné d’innombrables documents de l’époque, visité et dessiné les lieux de l’histoire, cherché de vrais modèles pour les personnages.»

«Tout cela a pris beaucoup de temps. Peu à peu, j’ai créé une image après l’autre, comme si j’avais marché de Sonogno (ndr: village du Val Verzasca d’où a émigré le héros du livre) à Milan.» Les illustrations exposées à Milan sont des pièces uniques et ne sont pas en vente, indique Valentina Dattilo, attachée de presse du Centre culturel suisse.

Quant à la version italienne du livre de Lisa Tetzner «I Fratelli neri», elle est en phase d’être achevée: «La traduction est terminée mais nous sommes encore en pourparlers avec un éditeur pour la publication de l’ouvrage prévue d’ici à la fin de l’année» conclut Mme Dattilo.

swissinfo, Gemma d’Urso à Milan

Faits

L’exposition «Histoires de ramoneurs, illustrations de Hannes Binder» est à voir jusqu’au 23 octobre 2004 au Centre culturel suisse (CCS) de Milan.
Ouvert tous les jours du lundi au samedi, de 14 à 18h.

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En bref

- L’exposition retrace l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’émigration tessinoise des 19e et 20e siècles, celles des enfants vendus comme «spazzacamini» (ramoneurs) à Milan et ailleurs en Lombardie.

- A voir: une centaine de gravures sur carton réalisées par le dessinateur zurichois Hannes Binder illustrent la seconde édition du livre pour enfants «Die schwarze Brüder» (« Les Frères noirs ») écrit en 1940/41 par Lisa Tetzner et son mari Kurt Kläber.

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