Le dilemme de Johann Vogel

Le capitaine Johann Vogel (à droite) reçoit des instructions du sélectionneur de l'équipe national Köbi Kuhn. Keystone

Le capitaine de l'équipe suisse de foot Johann Vogel confirme que Manchester souhaiterait le compter dans ses rangs. Mais son club de Milan ne veut pas le libérer.

Ce contenu a été publié le 10 février 2006 - 08:12

Dans une interview à swissinfo, le joueur déclare être content d'évoluer dans la ville italienne. Il souhaiterait cependant être davantage sur le terrain.

Le joueur suisse traverse une période délicate de sa carrière. Il lutte en effet pour un poste de titulaire au Milan AC, après l'avoir été durant des années au PSV Heindhoven (Pays-Bas).

Transféré en mai dernier au célèbre club italien, le milieu de terrain doit se faire une place entre le talent de Kaká et l'expérience de Rui Costa. Or Johann Vogel joue peu.

Il a joué à peine 246 minutes réparties sur six matches de la Série A, 30 minutes lors de deux parties disputées dans le cadre de la Coupe des champions et 270 minutes lors de trois matches de la Coupe d'Italie.

Johann Vogel a récemment reçu une proposition de Manchester United. Mais pour le moment, le Milan AC refuse de laisser s'en aller le capitaine de l'équipe nationale suisse, qui se rendra à la Coupe du monde en Allemagne.

swissinfo: Quelle est la différence entre le football néerlandais et l'italien?

Johann Vogel: Dans le football néerlandais, le plus important est d'être en possession du ballon. On joue davantage avec le ballon. Dans ce sens, c'est un football plus technique, plus offensif.

C'est le contraire de ce qui se passe en Italie, où le football est plus défensif. Ici, on joue davantage pour ne pas faire de fautes que pour autre chose.

swissinfo: Vous étiez titulaire au PSV et maintenant, à Milan, vous faites partie des remplaçants. Des regrets?

J. V. : Bien sûr, je savais que jouer à Milan serait difficile. Mais lorsqu'un grand club comme Milan contacte un joueur, c'est quelque chose d'incroyable. Je reste confiant et je crois dans l'avenir.

swissinfo: Jouer au Milan AC, qu'est-ce que cela représente de plus par rapport à un autre club?

J. V. : C'est évoluer chaque jour avec les meilleurs joueurs du monde en apprenant beaucoup sur le plan tactique et technique. L'organisation du club est quelque chose de fantastique. Faire partie de tout cela est un avantage.

swissinfo: Nous sommes proches de la Coupe du monde. L'attaquant Vieri, qui est aussi sous contrat au Milan AC, a demandé à aller jouer à Monaco, car ici, il était toujours remplaçant. Comment vivez-vous le fait de jouer aussi peu?

J. V. : C'est vrai, je souhaite jouer davantage avant le Mondial. D'ailleurs, que ce soit avec ou sans Coupe du monde, je souhaite jouer davantage. Si ce n'est pas possible à Milan, ce le sera peut-être ailleurs.

swissinfo: Confirmez-vous avoir été approché par Manchester United?

J. V. : Oui. Manchester a demandé à Milan si je pouvais me rendre en Angleterre. Mais Milan n'a pas voulu me libérer. Je suis bien à Milan, mais j'aimerais jouer un peu plus.

swissinfo: Tout sélectionneur d'une équipe nationale se préoccupe du rythme de ses joueurs. Pensez-vous que Köbi Kuhn ait demandé à Milan que vous jouiez davantage?

J. V. : Réellement, je pense qu'un tel contact n'a pas eu lieu. Je connais bien mon entraîneur. Il n'est pas du genre à aller demander cela à un club. Mais c'est moi-même qui ai demandé au Milan AC de me laisser jouer davantage.

swissinfo: Quelles sont les chances de la Suisse en Allemagne?

J. V. : Nous avons déjà affronté la France à deux reprises lors de la phase de qualifications et nous avons fait chaque fois match nul. Je pense que nous pouvons gagner quelques points contre cette équipe.

Le Togo est un adversaire que nous ne connaissons pas très bien, mais que nous avons l'obligation de battre.

Nous devons aussi absolument vaincre la Corée du Sud. Cette équipe ne joue plus à domicile, comme c'était le cas en 2002. Je pense donc que la Corée du Sud ne sera pas aussi forte que lors de la dernière Coupe du monde.

swissinfo: Jusqu'où la Suisse pourrait-elle aller dans cette Coupe du monde?

J. V. : En gardant les pieds sur terre, je pense que nous pouvons passer le premier tour. Ensuite, nous verrons ce qui se passera. Notre objectif premier est de nous qualifier pour l'étape suivante.

swissinfo: Comment l'équipe devra-t-elle jouer pour aller le plus loin possible?

J. V. : Je pense que nous avons montré, durant les qualifications, comment jouer. Nous avons un bon mélange de joueurs jeunes et de joueurs expérimentés. Nous savons que notre équipe doit agir et non réagir.

swissinfo: Comment s'exerce votre rôle de capitaine de l'équipe nationale?

J. V. : Lorsque les choses ne se passent pas bien, je dois réveiller les autres, leur rappeler leurs responsabilités.

Lors du match contre la Turquie, par exemple, nous n'avons pas fait une bonne première mi-temps. J'ai donc dû exercer mon rôle de capitaine en agissant comme une personne plus mûre, qui donne des conseils aux plus jeunes.

Interview swissinfo, Guilherme Aquino à Milan
(Traduction du portugais: Olivier Pauchard)

En bref

- Lors de la Coupe du monde qui se déroulera en Allemagne, la Suisse fera partie du groupe G. Ses adversaires du premier tour seront la France (tête de série), le Togo et la Corée du Sud.

- Cette Coupe du monde 2006 marque le retour des Suisses au plus haut niveau de la compétition. L'équipe suisse n'avait plus participé à une phase finale depuis la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis.

- Auparavant, elle avait déjà participé aux Coupes du monde de 1934, 1938 et 1954 (pays organisateur).

- La Suisse organisera l'Euro 2008 conjointement avec l'Autriche.

End of insertion

Faits

Johann Vogel est né en 1977 à Genève.
Formé au FC Meyrin (Genève), il débute sa carrière professionnelle à Grasshopper (Zurich). Il a été trois fois champion de Suisse avec ce club.
1995: première sélection dans l'équipe nationale suisse; capitaine dès 1998.
1999: transfert au PSV Eindhoven pour qui il joue plus de cent matches.
Mai 2005: transfert au Milan AC où il a un contrat de trois ans.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article