Le front anti-Davos se réveille doucement

Hauts en couleurs et en décibels, mais pacifistes: les manifestants de Coire. Keystone

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Winterthour, Delémont et Coire contre le Forum économique de Davos, qui se tient du 26 au 30 janvier.

Ce contenu a été publié le 16 janvier 2005 - 10:48

Des manifestations autorisées et largement surveillées, qui se sont déroulées dans le calme.

Le grand rendez-vous anti-Davos, ce sera samedi 22 janvier, à Berne. Et là, personne ne peut dire pour l’heure quel sera le climat ambiant.

Mais il est à noter que les trois rassemblements qui se sont tenus ce samedi n'ont pas donné lieu à des heurts avec les forces de l'ordre, alors qu’il y a un an, le 10 janvier 2004, une manifestation anti-WEF (‘World Economic Forum’), non autorisée, avait dégénéré, se soldant par deux blessés, quinze arrestations et des vitres cassées pour plus de 100’000 francs.

«La manifestation de Coire, comme celle de Winterthour, a montré que les prétendus fauteurs de troubles manifestent de la manière la plus pacifique qui soit, quand ils ne sont ni préjugés coupables, ni poussés à l'illégalité par les autorités», a commenté Arnaud Bouverat, secrétaire central des Jeunesses socialistes suisses.

Slogans à Winterthour

Dans la ville zurichoise, quelque 300 manifestants, pour la majorité âgés de 15 à 25 ans, ont défilé. Sur leurs banderoles, des slogans aux couleurs d’une certaine utopie: «Construire la solidarité, détruire le capitalisme» ou encore «Où l'injustice devient la règle, l'opposition devient un devoir».

Avant le départ, une oratrice a invité les manifestants à renoncer à la violence, à respecter l'interdiction de porter cagoule et à s'en tenir à l'itinéraire convenu avec les autorités, qui visait principalement à éviter les rues commerçantes du cœur de la vieille ville. Cela a été le cas.

Les policiers municipaux et cantonaux, en tenue de combat et fusils en main, bloquaient en rangs serrés tous les accès à la vieille ville. A part des gestes plus qu'expressifs et des provocations orales, les forces de l'ordre n'ont pas été malmenées.

Mur à Delémont

A Delémont, entre 150 et 200 personnes ont protesté contre l'envoi de policiers jurassiens à Davos. «Des jurassiens ont porté plainte» à la suite de l'intervention de la police contre les manifestants à Landquart (Grisons) en 2004, a indiqué à l'ats Annabelle Gaume, du collectif altermondialiste jurassien.

Celle-ci déplore que le Parlement ait rejeté, l'été dernier, une motion demandant l'arrêt de l'envoi de policiers jurassiens à Davos. Chaque année, le Jura dépêche entre cinq et dix policiers dans le cadre d'un concordat intercantonal.

En signe de protestation, des individus masqués ont partiellement muré l'entrée du parlement, sous l’œil de la police. Ce mur symbolique a été ensuite démonté par les services de la voirie, alors que la manifestation se dispersait dans le calme vers 16h30.

Bruit à Coire

A Coire, quelque 350 personnes, des jeunes pour la plupart, ont bruyamment manifesté leur opposition au WEF à l'appel du Forum Dadavos. Le défilé, autorisé, a duré environ deux heures au centre du chef-lieu grison.

La police a marqué sa présence mais n'a pas eu à intervenir. Les accès à la vieille ville et au siège du gouvernement avaient été grillagés. Un orateur a dénoncé ces barrières comme un entrave à la liberté d'expression.

Le commandant de la police de Coire, Ueli Caluori, a tiré un bilan positif à l'issue de la manifestation. Celle-ci était notamment soutenue par le parti socialiste grison et les syndicats.

Une semaine avant Berne

La journée de samedi était le prélude à la grande manifestation nationale contre le forum qui doit avoir samedi prochain à Berne. Invoquant des raisons de sécurité, la ville n'a mis à disposition que la Place fédérale et a interdit le défilé revendiqué par les organisateurs.

Les protestataires dénoncent le Forum économique mondial comme un «rendez-vous illégitime des leaders néo-libéraux» et comme «une véritable plate-forme pour la globalisation de l'économie qui sert à exploiter lamentablement le tiers-monde».

Ils estiment qu'il n'appartient pas à la Suisse de contribuer au renforcement de ce processus de globalisation et que "le soutien dévoué des forces de police et de l'armée est absolument inacceptable et constitue une honte pour un Etat de droit".

swissinfo et les agences

Faits

Le Forum économique de Davos se tient du 26 au 30 janvier dans la station grisonne.
Une importante manifestation anti-WEF est prévue le 22 janvier à Berne.

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En bref

- Outre les forces policières, l’armée participe à la sécurité du Forum. 6500 soldats au maximum peuvent être engagés pour la protection du WEF en 2005 et 2006.

- En 2005, cet engagement durera du 17 au 31 janvier.

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