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Le gouvernement a senti passer le souffle du boulet

(swissinfo.ch)

Le Conseil fédéral peut pousser un soupir de soulagement. Il a dû attendre jusqu'à la dernière minute pour voir sa modification de la loi militaire finalement passer la rampe. L'Union démocratique du centre enregistre, elle, son premier revers sérieux depuis des années.

Côté chiffres, la victoire du Conseil fédéral peut sembler bien ténue. L'adhésion populaire à l'armement des soldats suisses à l'étranger n'a été obtenue que par quelques milliers de voix. Et au niveau des cantons, le revers est même cuisant. Heureusement pour le gouvernement, les modifications législatives ne demandent pas la double majorité.

Mais cette victoire à l'arraché peut aussi être considérée comme une grande victoire. Remporter ainsi l'adhésion populaire - malgré l'opposition à la fois de la droite dure et de la gauche pacifiste - frise l'exploit.

Ce résultat marque aussi le premier véritable grain de sable dans la «machine à gagner» de l'UDC. Défenseur acharné d'une certaine conception de la neutralité et de l'indépendance helvétique, le parti de Christoph Blocher et l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) avaient en effet placé tout leur poids dans la bataille. En vain.

Au cours des dernières années, le Conseil fédéral, mais aussi les radicaux et les démocrates-chrétiens, ont été contraints de durcir leur position et de prendre un sérieux à droite, à cause de la dynamique victorieuse de l'UDC. Ils ne pourront donc qu'apprécier le résultat de ce dimanche, qui leur apporte un véritable ballon d'oxygène.

Pour autant, cette victoire ne doit pas constituer un oreiller de paresse pour les adversaires de l'UDC. Certes, d'aucuns veulent voir dans ce scrutin sur l'armement des soldats un test grandeur nature de la volonté d'ouverture de la Suisse, à un an du scrutin sur l'adhésion à l'ONU.

Pourtant, malgré sa défaite, l'UDC conserve toute sa force de frappe. Le scrutin de dimanche montre que sa campagne a été couronnée de succès dans de nombreux petits cantons. En effet, il est difficile de croire sérieusement que ce sont les arguments de la gauche pacifiste qui ont convaincu les Uranais, les Grisons, les Obwaldiens et autres Appenzellois de dire non aux soldats armés.

A n'en pas douter, l'UDC réussira à nouveau à mobiliser son électorat en vue de la campagne pour l'adhésion à l'ONU. Cet objet touchant à la Constitution, la majorité des cantons sera alors nécessaire pour l'emporter. Le Conseil fédéral et les partisans de l'ouverture du pays ont, d'ores et déjà, du soucis à se faire.

Olivier Pauchard, Palais fédéral

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