Le groupe Selecta face à la fronde de ses salariés en grève

les salariés de Selecta en sont à leur sixième semaine de grève. Keystone

La crise dure depuis le 4 décembre. Pour obtenir l´application de la convention collective, les salariés de la succursale allemande du groupe suisse Selecta, à Singen, sont en grève. Pour les punir, le groupe suisse menace de fermer définitivement.

Ce contenu a été publié le 12 janvier 2001 - 21:14

A Singen, dans la région du lac de Constance, les salariés de Selecta en sont à leur sixième semaine de grève et leur conflit semble dans l'impasse la plus totale. Ils revendiquent la signature d'une convention d'entreprise avec une grille des salaires.

Les négociations avec la direction de l'entreprise semblaient avoir abouti le 20 décembre dernier. Elles devaient reprendre le 9 janvier, après les fêtes. Mais le 21 décembre, les grévistes apprenaient que ce rendez-vous était annulé, sans que leur employeur ne leur donne plus d'explications.

Il leur annonce par ailleurs une augmentation de salaire de 3 pour cent pour le 1er avril mais se refuse à toute négociation d'un contrat collectif avec le syndicat alimentation, loisir et restauration du DGB, la confédération des syndicats allemands qui dirige leur grève.

Le groupe suisse Selecta emploie 700 personnes réparties dans toute l'Allemagne. Leader européen de l'approvisionnement d'entreprise, il remplit notamment les distributeurs automatiques avec des sandwichs, des boissons chaudes ou froides. Les conditions de travail et les salaires des employés du groupe restent jusqu'ici définis par des contrats individuels.

Les salariés en grève de Singen sont boulangers. L'approvisionnement des distributeurs automatiques dans la région du Bade-Wurtemberg était à l'origine en effet assuré par des boulangeries locales.

Lorsque Selecta a embauché ses propres artisans, ceux-ci bénéficièrent jusqu'en 1995 dans la succursale Selecta d'Hilzingen-Singen de la convention collective en vigueur dans la branche. Mais Selecta l'a dénoncée en 1996. Depuis, les salariés n'ont pas eu un pfennig d'augmentation de salaire.

La direction de Selecta compte en fait aujourd'hui sur le pourrissement du conflit, selon le syndicat alimentation loisirs et restauration de Singen. Elle aurait même l'intention de fermer sa succursale d'Hilzingen-Singen pour punir les grévistes et leur responsable Karl-Heinz Müller, qui parle de méthodes dignes du «capitalisme primitif».

Michel Verrier, Berlin

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