Le hockey suisse plonge en plein scandale

Le match Davos/Sparta Prague a donné le coup d'envoi de la Coupe Spengler jeudi. Keystone

La Coupe Spengler de Davos débute dans une ambiance particulière, suite à la démission de Werner Kohler, le président de la Ligue suisse.

Ce contenu a été publié le 27 décembre 2002 - 18:54

L'homme fort du hockey helvétique a touché au noir une commission d'un million de francs.

Le sport suisse d'élite s'est-il donné le mot pour redoubler d'ingéniosité en matière de scandales retentissants? Voici deux mois éclatait l'affaire Andreas Hafen, du nom du président du FC Wil qui a détourné 48 millions de francs de l'UBS de Saint-Gall, en en injectant notamment 10 dans son club.

Un mois après, les Young Boys défrayaient aussi la chronique avec la démission du président Heinz Fischer et du directeur sportif Frédy Bickel, suite à la perquisition de leurs bureaux par la police, les accusant de gestion déloyale dans des transferts de joueurs.

Feu d'artifice final

En guise de feu d'artifice pour terminer l'année en beauté, le royaume du puck a frappé encore plus fort avec la démission fracassante à Noël de Werner Kohler, président de la Ligue suisse de hockey sur glace (LSHG) depuis juin 1996.

Motif: l'homme d'affaires grison a touché des pots-de-vin d'un million de francs dans le cadre d'un juteux contrat établi à l'été 2000 entre la LSHG et le groupe IMG Suisse, dirigé par Marc Biver. «Nous tombons vraiment de très haut, nous avons été trahis», avoue Jean Martinet, vice-président de la LSGH, nommé président ad intérim depuis trois jours.

Comme chaque dernière semaine de l'année, le gotha du hockey helvétique est réuni à Davos. Mais cette fois-ci, la Coupe Spengler a pris son envol dans une attitude pesante.

Le «scandale Kohler» est le sujet principal de discussions, éclipsant partiellement ce qui doit constituer une grande fête populaire. Il en faudrait certes plus pour stopper le public: dès le premier jour de compétition, le Stade de Glace affichait guichets fermés, soit plus de 7600 spectateurs.

Mais en coulisses, l'onde de choc est énorme. Werner Kohler est l'ancien président du HC Davos, club qu'il avait repris dans le purgatoire de la 1ère ligue pour le hisser en Ligue nationale A.

Réputé pour son sérieux

De plus, l'homme était un personnage réputé pour son sérieux dans la direction de ses entreprises. A la tête de la LSHG, il est parvenu à réaliser des contrats publicitaires pour un montant de 40 millions de francs en six ans. Ce que personne n'avait jamais fait.

C'est aussi lui qui avait cherché, puis conforté, Ralph Krueger à la tête de l'équipe nationale, le dotant d'un contrat jusqu'en 2006.

A Davos, les réactions affluent, bien que teintées de prudence, tant il faudra attendre les conclusions définitives du juge unique de la LSHG, Heinz Tännler, annoncées pour mi-janvier.

Preuves accablantes

Mais les preuves déjà fournies sont accablantes: les transferts bancaires, reçus au noir, en deux tranches de 500'000 francs sur deux comptes de Werner Kohler, ont été confirmés. Et l'ex-président de la LSHG est revenu sur ses déclarations du début décembre, lorsqu'il affirmait «n'avoir jamais reçu un million de francs.»

Aujourd'hui, face à l'évidence des faits, il a changé sa version, estimant «n'avoir rien conclu d'illégal.» A l'instar de Robert Triulzi, manager du CP Berne, les pontes du hockey suisse soufflent que «les retombées en termes d'image sont désastreuses et que la démission était l'unique solution.»

swisinfo/Jonathan Hirsch à Davos

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article