Le Japon enquête pour l'exemple sur l'UBS et le Credit Suisse

Shinji Yamada, ex-directeur du Credit Suisse à Tokyo, actuellement en procès. Keystone

Les autorités financières japonaises mènent de nouvelles enquêtes surprises dans les bureaux de l´UBS et du Credit Suisse à Tokyo. Le gouvernement japonais entend signifier aux autres banques étrangères qu´il ne tolérera plus la violation de ses lois.

Ce contenu a été publié le 05 décembre 2000 - 14:50

Justement, les autorités financières passent actuellement au crible les activités des titres de UBS Warburg et de Credit Suisse First Boston, les banques d'affaires des deux groupes financiers suisses.

Deux agences nippones d'inspection financière sont mobilisées. En général, elles occupent les locaux des banques pendant plusieurs mois. Et à chaque fois ou presque, elles découvrent des violations plus ou moins sérieuses de la loi bancaire qui aboutissent à des sanctions contre les établissements concernés.

Jusqu'ici, la plus grave a été prise contre le Credit Suisse. L'an dernier, son unité de produits dérivés a dû fermer ses portes. Car, elle avait aidé des entreprises japonaises au bord de la faillite à dissimuler des dizaines de milliards de dollars à l'étranger. Le procès contre l'un de ses anciens directeurs Shinji Yamada vient de reprendre à Tokyo.

L'UBS et le Credit Suisse qualifient de «routine» les enquêtes conduites contre leurs unités de titres. Cela n'empêche pas la communauté financière étrangère a Tokyo d'être inquiète.

Le gouvernement japonais a décidé de rendre son système financier aussi transparent que ceux de Wall Street et de Londres. Il ne peut donc plus garder un œil mis-clos sur les violations du code, commises par les banques étrangères. Ces deux dernières années, il a augmenté, de façon considérable, le nombre de ses inspecteurs qui procèdent à la vérification des comptes et des activités des sociétés étrangères.

Les autorités financières japonaises se refusent à dévoiler des détails sur la nature de leurs enquêtes contre l'UBS et le Credit Suisse. Mais il est évident qu'elles entendent faire d'elles des exemples.

Le fait que les deux banques appartiennent à un pays qui n'est pas membre de l'Union européenne leur donnent les coudées plus franches.

Georges Baumgartner, Tokyo

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