Le marché suisse du médicament en plein boom

En dix ans, le produit des ventes de médicaments en pharmacie a augmenté de 75%. Keystone Archive

Les pharmaciens suisses ont fait de bonnes affaires l'an dernier. En croissance de plus de 6%, le marché des médicaments ne connaît pas la crise. L'Helvète moyen ne consomme pourtant pas plus de pilules. Mais les prix ne cessent d'augmenter.

Ce contenu a été publié le 08 août 2001 - 20:20

Pour leur édition 2001, les auteurs du petit livre jaune «Le marché du médicament en Suisse» ont basé leurs calculs sur les prix à la production. En effet, la libéralisation de la distribution et le nouveau système de rémunération pour les médicaments remboursés par les caisses-maladie en font les seules données vraiment fiables.

D'emblée, un chiffre saute aux yeux: en dix ans, le produit des ventes de médicaments en pharmacie a augmenté de 75%. Mais cela ne veut pas dire - et de loin - que les Suisses consomment aujourd'hui beaucoup plus de pilules ou de pommades qu'en 1990. En fait, la consommation est restée plus ou moins stable.

Plus efficaces, donc plus chers

«Les médicaments d'aujourd'hui sont nettement plus performants et plus chers qu'il y a dix ans», explique Thomas Cueni, secrétaire général d'Interpharma, l'organe faîtier qui regroupe les trois géants Serono, Roche et Novartis.

«Contre l'excès de cholestérol par exemple, nous utilisons aujourd'hui des statines à la place des bétabloquants. Même progrès dans le traitement de l'hépatite C. «Le Pegasys, qui vient de recevoir l'homologation, est deux fois plus efficace que les interférons», affirme Thomas Cueni.

«Ces nouveaux médicaments induisent moins d'effets secondaires, poursuit le patron d'Interpharma. Et leur utilisation contribue à réduire les frais médicaux et hospitaliers.»

Les génériques ont la cote

Autre tendance du marché pharma: la hausse constante des chiffres de vente des génériques, ces copies légales de médicaments originaux dont la formule est tombée dans le domaine public. L'an dernier, il s'en est vendu en Suisse pour près de 150 millions de francs (sur 1,8 milliard de chiffre d'affaires total du secteur pharma).

Par rapport à l'année précédente, la hausse est de 9%. «Aujourd'hui, les génériques n'occupent encore qu'un cinquième de leur marché potentiel, précise Thomas Cueni. Et les incitations légales et économiques vont obligatoirement les faire progresser encore.»

Les drogueries en perte de vitesse

Globalement, en Suisse, la croissance du marché pharma se situe dans la moyenne de celle des pays développés. Et l'Helvète reste un consommateur de médicaments raisonnable, nettement moins gourmand que le Français, mais un peu plus que le Néerlandais ou le Britannique.

Par ailleurs, il a tendance à faire davantage confiance au pharmacien, au médecin ou à l'hôpital qu'au droguiste pour ce qui relève de sa santé. En dix ans, le nombre d'officines a en effet augmenté de 8% à 1677 unités. Alors que, parallèlement, les drogueries ont reculé de 15%.

Elles ne sont plus que 829 en Suisse à se partager un petit 4,8% des ventes totales de médicaments.

Première industrie d'exportation

Enfin, l'industrie pharmaceutique suisse a encore renforcé sa position de premier exportateur mondial, loin devant des géants comme l'Allemagne ou les Etats-Unis. En l'an 2000, elle a vendu pour plus de 22 milliards de francs de produits à l'étranger (contre 8 milliards dix ans plus tôt).

Sur son marché intérieur, par contre, elle ne fournit qu'un petit tiers des médicaments consommés. Le reste étant importé, principalement des Etats-Unis, d'Allemagne et de Grande-Bretagne.

Marc-André Miserez

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