Le mouvement de grève reconduit en France malgré des concessions
(Keystone-ATS) Le vote par l’Assemblée nationale d’amendements destinés à rassurer les syndicats grévistes de la SNCF sur l’avenir de l’entreprise n’a pas convaincu les cheminots de Sud-Rail et de la CGT. Ils ont reconduit le mouvement qui perturbera vendredi les liaisons avec la Suisse dans les mêmes proportions que ces derniers jours.
Pour vendredi, 10 à 12 TGV sur 14 au total circuleront entre Paris et Zurich, 8 sur 9 dans la liaison avec Lausanne et 10 à 12 sur 16 dans celle avec Genève, a indiqué à l’ats un porte-parole des CFF, Jean-Philippe Schmidt. Comme les jours précédents, les trois TGV pour Marseille, Nice ou Montpellier sont biffés de l’horaire.
Le gouvernement français espérait que les votes intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi permettraient d’apaiser la situation. Le taux de grévistes est tombé à 10,48 % de l’ensemble du personnel de la SNCF, soit près de trois fois moins qu’au début du mouvement voici neuf jours.
Adoption d’une «règle d’or»
A l’Assemblée nationale, les députés ont adopté «une règle d’or» pour freiner la dérive de l’endettement du système ferroviaire, une mesure au coeur de la réforme. Les débats se poursuivaient en début de soirée et le vote solennel du projet de loi est prévu mardi.
Selon cette règle, le futur gestionnaire d’infrastructures SNCF Réseau continuera à financer la maintenance du réseau, mais sur les lignes nouvelles les financements proviendront de l’Etat, des collectivités territoriales ou de tout autre demandeur.
Situation d’avant 1997
Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT qui, avec Sud-Rail, mène cette grève qui perturbe lourdement le trafic et a fait perdre plus de 150 millions d’euros à la SNCF, avait pourtant estimé que le moment de vérité était peut-être arrivé.
«La logique de ce tournant, c’est de donner les éléments aux cheminots pour qu’ils décident eux-mêmes de la conduite de la grève», a-t-il déclaré sur la radio RTL. Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d’avant 1997, soit un seul établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d’euros par l’Etat.
Le projet de loi prévoit le lancement d’un groupe public industriel intégré nommé «SNCF» qui chapeauterait «SNCF Réseau», le gestionnaire d’infrastructure – l’actuel Réseau ferré de France (RFF) – et «SNCF Mobilités», qui exploitera les trains.
Dans la nuit, les députés ont adopté l’article clef de la réforme qui prévoit ces trois établissements publics à caractère industriel (EPIC).