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Le MPC a débuté son réquisitoire contre Florian Homm et consorts

La procureure fédérale Graziella de Falco Haldemann a prononcé son réquisitoire vendredi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone (archives). KEYSTONE/PABLO GIANINAZZI sda-ats
Ce contenu a été publié le 05 février 2021 - 18:00
(Keystone-ATS)

Le Ministère public de la Confédération a débuté vendredi à Bellinzone son réquisitoire contre le financier allemand Florian Homm et ses trois coaccusés. L'audience a été suspendue et reprendra lundi devant le Tribunal pénal fédéral.

Absent depuis le début du procès, Florian Homm répond d'escroquerie par métier, gestion déloyale, abus de confiance, blanchiment aggravé et faux dans les titres. Outre le blanchiment, les trois autres prévenus sont accusés de faux dans les titres.

Au cours de son réquisitoire, Graziella de Falco Haldemann s'est référée à de nombreuses pièces comptables, analyses et témoignages ainsi qu'au best-seller "Rogue Financier" (voyou de la finance) écrit par Homm lui-même. Elle a décrit en détail les mécanismes mis en place par l'accusé pour investir dans des penny stocks et faire monter leur valeur à l'insu des organes d'ACMH, la société de gestion de fonds de placement qu'il avait créée.

La magistrate a aussi brossé le portrait de cette "icône de la finance" qui jouissait d'une réputation telle que ses ordres n'étaient jamais discutés. Même s'ils contrevenaient aux règles de la finance et aux engagements pris devant les dirigeants d'ACMH et les investisseurs.

L'envers de la médaille

La façade était sans lézardes: "Un gérant de fonds dévoué à son travail et à ses clients, entouré de jeunes collaborateurs ambitieux et engagé dans des actions de bienfaisance", a détaillé la procureure. Puis une cavale de plusieurs années après la découverte du pot aux roses. Une fuite bien organisée puisque Florian Homm avait pris soin de mettre en place - avec ses coaccusés - une structure complexe de sociétés et de comptes afin de dissimuler les montants soustraits.

Graziella de Falco Haldemann a rappelé l'épisode rocambolesque de septembre 2007 lorsque Florian Homm s'est éclipsé avec des liasses de billets dans son slip Calvin Klein, comme il l'a raconté dans son livre. Cette fuite, le défaut à ce procès ou encore le nom de son yacht - "No Remorse" - montre bien que l'homme, surnommé "l'Antéchrist de la finance", n'assume rien, a-t-elle martelé.

"Activité criminelle acharnée"

La durée des faits - 41 mois - et la sophistication des montages financiers témoignent "d'une activité criminelle acharnée", a souligné la magistrate. Qui ajoute encore l'importance de l'enrichissement illégitime, évalué à 170 millions de dollars en Suisse.

Graziella de Falco Haldemann a décrit aussi les diverses activités criminelles d'un ancien directeur d'une fiduciaire, également absent, qui assurait la gestion de la fortune de la femme de Homm après le divorce - jugé de façade - du couple: 111 actes de blanchiment commis au profit de Florian Homm, fourniture de faux passeports ou d'un vrai passeport diplomatique libérien, notamment.

Le procureur adjoint Serge Husmann s'est attelé à démonter les opérations de blanchiment menées par les deux seuls accusés présents. En dépit de leur caractère exceptionnel, notamment l'achat de centaines de kilos d'or, on recherche en vain une documentation de ces activités permettant d'identifier le véritable détenteur des fonds, soit Florian Homm, a souligné l'accusateur.

Ces deux auxiliaires du financier allemand caressaient le projet de créer leur propre banque privée. "Une banque destinée exclusivement au blanchiment, a estimé le magistrat. Pas étonnant que la FINMA n'ait pas hésité longtemps à la liquider."

La présidente de la Cour des affaires pénale a mis fin à l'audience et a convoqué les parties lundi pour la suite du réquisitoire et les demandes de peine.

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