Le Pakistan récolte les fruits de sa coopération

Le président Musharraf, qui a interdit les manifestations pro-taliban, est accusé par les radicaux de s’être «vendu» aux Américains. Keystone Archive

Les Etats-Unis, qui poursuivent leur déploiement militaire autour de l'Afghanistan, balayent l'information des taliban selon laquelle Oussama ben Laden aurait disparu. Washington a encore renforcé son alliance avec le Pakistan en levant les sanctions contre ce pays.

Ce contenu a été publié le 23 septembre 2001 - 18:58

Une semaine après avoir promis sa «coopération totale» avec les Etats-Unis, le président pakistanais Pervez Musharraf a déjà commencé à récolter les fruits de sa décision, en obtenant notamment la levée des sanctions internationales contre son pays.

Ces sanctions, votées en 1998 contre Islamabad et New Delhi sur initiative américaine, faisaient suite à une série d'essais nucléaires menés par les deux frères ennemis pakistanais et indien. Elles limitaient la vente de matériel militaire ainsi que l'aide économique et financière et ont contribué à aggraver les difficultés du pays, au bord de la banqueroute.

Officiellement, Islamabad a nié avoir marchandé son soutien aux Etats Unis dans la lutte antiterroriste et démenti toute idée de contrepartie.

Le président Musharraf prend des risques

Toutefois, cette annonce risque de donner du grain à moudre aux islamistes radicaux, qui accusent le président Musharraf de s'être «vendu» aux Américains.

Depuis le début de la crise, les milieux d'affaires, et plus généralement l'élite bourgeoise pakistanaise, se frottent les mains, espérant bien tirer profit de la situation, après dix ans d'enlisement économique, dû en partie à l'arrêt de l'aide américaine après la chute de l'empire soviétique.

Allié très proche des Etats-Unis pendant la guerre froide, le Pakistan a longtemps été le troisième récipiendaire de l'aide américaine dans le monde, après Israël et l'Egypte. Mais la manne s'est tarie dès 1990 et, depuis lors, les liens entre les deux pays n'ont cessé de se distendre.

Une économie exsangue

Le pays est aujourd'hui exsangue et cumule une dette extérieure colossale de 30 milliards de dollars. Vendredi, le Japon a déjà annoncé un prêt de 40 millions de dollars à Islamabad, pour le remercier de sa coopération.

Mais, en dehors des aides bilatérales directes, le Pakistan espère aussi obtenir un rééchelonnement de sa dette auprès du Club de Paris ainsi que le soutien de Washington dans ses négociations avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

«Comme les relations avec Washington vont se développer, je suis sûr que les relations économiques vont aussi se développer, ce qui pourrait signifier pour nous un meilleur accès aux marchés, un meilleur traitement dans le rééchelonnement de la dette, ainsi que plus d'argent, directement ou via les institutions multilatérales », déclarait le 16 septembre le ministre des Finances Shaukat Aziz, au lendemain même de l'annonce du ralliement pakistanais à la guerre antiterroriste menée par les Etats-Unis après les attentats de New York et Washington.

Corinne Lepetit, Islamabad

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