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Le parcours du combattant des start-up romandes

Dernier volet de ce dossier consacré aux start-up romandes. Elles ont plutôt bien résisté à la crise. Mais, maintenant il faut durer. La levée des fonds auprès des banques, des capital-risqueurs et des «business-angels» s'annonce comme un parcours du combattant.

Il y a quatre ans, le capital-risque n'existait pas en Suisse. Olivier Tavel, «senior partner» de Venture Partners, a été l'un des premiers à aider les jeunes pousses. Depuis 1997, sa société a réussi à lever 135 millions de francs, dont 40 millions en octobre 2000. Il jette un regard très négatif sur les marchés financiers.

«Contrairement à ce que l'on prétend, les marchés financiers ne sont absolument pas efficaces pour évaluer la substance d'une entreprise. En fait, ils ne possèdent pas les compétences pour distinguer une bonne d'une mauvaise société», lâche calmement Olivier Tavel. Il en veut pour preuve que certaines start-up, sans client et sans technologie particulière, mais grâce à de bons vendeurs, réussissent à lever 80 millions de dollars!

Les marchés financiers, constate-t-il, fonctionnent par mode. Ils investissent par secteur. Ils ont soutenu tout ce qui s'appelait de loin ou de près «dot.com». Puis, brutalement, ils lâchent toutes les start-up actives sur Internet, qu'elles développent ou non de bons projets.

Comment se présente l'avenir? Venture Partners soutient deux sociétés qui devaient entrer en Bourse cette année. En raison de la crise, elles ne franchiront pas le pas. Il faut donc continuer à les soutenir.

«Je crois que les capital-risqueurs vont se concentrer sur les dossiers qu'ils ont déjà sélectionnés et les aider à passer cette période difficile», estime Olivier Tavel. Et cela, au détriment de tous les nouveaux projets.

Aux Etats-Unis, les investissements en capital-risque ont atteint 100 milliards de dollars en 2000. «Cette année, ils s'élèveront peut-être à 30 ou 40 milliards», estime Battery Ventures.

En Suisse, la décrue devrait être un peu plus faible, car les pertes n'ont pas été aussi phénoménales. Pour Venture Partners, le repli sur les nouveaux investissements sera vraisemblablement de l'ordre de 50% en 2001. Ce n'est guère réjouissant.

Ian Hamel

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