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Le patron de Crossair ne croît pas à l'alliance Qualiflyer de Swissair

Crossair doit viser avec Swissair une concentration des forces dans le transport aérien civil suisse, selon Moritz Suter

(Keystone)

L'alliance Qualiflyer autour de Swissair Group n'a pas d'avenir, estime Moritz Suter, le président du conseil d'administration de Crossair. «Ce qui subsistera du groupe en fin de compte, c'est donc Crossair et Swissair». Swissair n'apprécie pas ces propos.

Les alliances ne sont pas une panacée, précise M. Suter dans une interview publiée samedi dans «Le Temps». Aux yeux du responsable de la compagnie régionale bâloise, Swissair doit d'abord résoudre ses problèmes. Le choix d'un partenaire sera possible par la suite.

Swissair Group veut se «libérer de plusieurs membres de l'alliance Qualiflyer, notammment des compagnies françaises» AOM/Air Liberté. «Nous voudrions aussi nous séparer de Sabena et de toutes les autres activités», précise encore celui qui a dirigé durant six semaines le secteur aérien du groupe qui portait encore le nom de SAirGroup.

Pour rappel, Qualiflyer Group réunit, outre AOM/Air Liberté/Air Littoral (France) et Sabena (Belgique), Swissair, Crossair, LOT (Pologne), TAP Air Portugal, Portugalia (Portugal), ainsi que Volare Group (Italie). L'alliance a été créée en 1998.

Quant à Crossair, elle doit désormais viser avec Swissair une concentration des forces dans le transport aérien civil suisse, note M. Suter. La croissance de la compagnie régionale bâloise restera interne pour l'essentiel.

Vendredi, les syndicats des compagnies françaises de Swissair Group ont appellé à une manifestation nationale samedi à Paris. Ils ont également invité les salariés à une grève à l'aéroport d'Orly mercredi. Ces actions sont destinées à défendre l'emploi et à protester contre la déréglementation dans le transport aérien français.

La mobilisation de mercredi devrait être la plus importante. Tous les syndicats appellent pour cette date à une journée «aéroport mort» avec le soutien des salariés d'Air France et d'Aéroports de Paris (ADP) qui pourraient se joindre à la manifestation.

lls profitent de cette occasion pour exprimer leur opposition au plan de sauvetage d'AOM et Air Liberté, qui prévoit notamment la suppression d'un quart des 5500 emplois.

Les choses se sont encore compliquées depuis qu'une dispute a éclaté entre les deux actionnaires principaux des compagnies françaises, la société Marine-Wendel et Swissair Group. Le patron de Marine-Wendel, Ernest-Antoine Seillière, a déclaré que sa firme n'a pris aucun engagement pour le financement d'AOM/Air Liberté.

Il a rejeté la responsabilité de la situation actuelle des deux compagnies menacées de dépôt de bilan sur la gestion de son associé Swissair. Marine-Wendel détient 50,5 % d'AOM/Air Liberté et Swissair 49,5 %.

Des déclarations qui n'ont pas été du goût de Swissair qui les a jugées «comme un affront vu la situation critique des deux compagnies». Le groupe zurichois se dit prêt à prendre à sa charge les deux tiers des 3 milliards de francs français (700 millions de francs) nécessaires à la restructuration.


swissinfo et les agences

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