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Le patron de la FIFA se défend et propose sa solution

Sepp Blatter: "Je n’ai jamais essayé de corrompre quelqu’un et je ne suis pas un corrompu".

(Keystone)

Le monde du football est dans la tourmente, après la faillite de la société ISL-ISMM qui s'occupait, notamment, des droits de marketing de la coupe du monde. Attaqué ces derniers jours, le président de la FIFA, le Suisse Joseph Blatter, se défend. Il se montre également optimiste quant à l'issue financière de la crise.

Démissionner? C'est avec un large sourire que Joseph Blatter, l'homme qui est à la tête du football mondial, réagit à la question, vendredi à Zurich, le siège de la FIFA: «Je ne sais pas pourquoi je devrais démissionner, répond-il. Je suis élu jusqu'en 2002 et, jusqu'à maintenant, j'ai toujours rempli mes fonctions».

Il faut dire que la pression était montée, ces derniers jours, autour du président de la Fédération internationale de football. D'une part à cause du désastre provoqué par la faillite du groupe ISL, basé à Zoug. Un important partenaire de la FIFA en matière de droits commerciaux, qui détenait notamment ceux de la coupe du monde 2002.

Mais aussi à cause des accusations de corruption visant Sepp Blatter. Des accusations parues en particulier le week-end dernier dans la presse allemande, et évoquant une caisse noire, alimentée par ISL au Liechtenstein. Le président de la FIFA se défend: «Je n'ai jamais reçu d'argent, et je n'en recevrai jamais. Je n'ai jamais essayé de corrompre quelqu'un et je ne suis pas un corrompu».

Les responsables de la FIFA contre-attaquent, même, en révélant ce qui pourrait être un tour passe-passe financier. 75 millions de francs suisses, payés par une chaîne de TV brésilienne à ISL, auraient selon eux atterri sur un compte différent de celui sur lequel cette somme devait parvenir. «Je pense que c'est un montant qu'ISL a utilisé pour ses propres besoins», explique Michel Zen-Ruffinen, secrétaire général de la FIFA.

Quoiqu'il en soit, la FIFA va devoir maintenant faire ce qu'elle n'a jamais fait: gérer elle-même les droits de marketing, pour la coupe du monde et les autres compétions de football. Elle a créé pour cela une filiale, FIFA Marketing SA, qu'elle contrôle à 100% et qui reprend les personnes employées auparavant par le département football d'ISL.

Quant à ce que va coûter cette faillite et cette crise à la FIFA, Joseph Blatter, après avoir articulé, cette semaine, le chiffre de 100 millions de francs suisses, se montre plus optimiste, évoquant notamment les bons résultats du côté des contrats de télévision. «Nous évaluons à 30 à 40 millions la perte éventuelle de la FIFA. Mais je suis certain, poursuit le président, qu'à la fin de la coupe du monde de 2002, nous aurons refait le terrain perdu».

A propos de droits de télévision, la FIFA s'attend à ce que ce soit Leo Kirch qui fasse main basse sur le pactole cédé jadis à ISL. Le groupe allemand, qui est déjà propriétaire des droits audiovisuels pour les Etats-Unis et l'Europe, bénéficie en effet d'une option sur ceux d'ISL, qui concernent le reste du monde. Il a jusqu'au 20 juin pour la faire valoir.

Enfin, autre conséquence de la faillite d'ISL, selon les dirigeants de la FIFA: le report, faute de sponsors, du championnat du monde des clubs, prévu cet été en Espagne. Une couleuvre de plus à avaler pour Joseph Blatter, qui a beaucoup soutenu ce projet. Les responsables de la FIFA ont admis qu'ils s'étaient trompés, tant sur la date, que sur le lieu retenu.

Pierre Gobet, Zurich


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