Le pillage de l'œuvre de Vasarely passait par la Suisse

Charles Debbasch. Keystone

Charles Debbasch est accusé d'avoir détourné des toiles de Victor Vasarely. L'ex-conseiller de Giscard d'Estaing parle de «machination».

Ce contenu a été publié le 17 décembre 2001 - 19:30

Au Tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence, le procureur a réclamé, vendredi dernier, trois ans d'emprisonnement contre Charles Debbasch, 64 ans, l'ancien doyen de la Faculté de droit d'Aix-Marseille, et président de la Fondation Vasarely de 1981 à 1993. Son crime? Avoir détourné à son profit plusieurs toiles du maître de l'optical art.

D'origine hongroise, Victor Vasarely, décédé en 1997, créait des illusions d'optiques par le jeu de formes géométriques. Charles Debbasch, ancien conseiller du président Giscard d'Estaing, éminent professeur de droit, obtient la confiance du maître de la peinture cinétique.

Un habitué de Crans-Montana

En a-t-il profité pour se livrer au cours des années 80 à «un pillage systématique de l'œuvre de Victor Vasarely», comme l'accuse le tribunal d'Aix-en-Provence? La justice française lui reproche d'avoir détourné environ 3 millions de francs français (environ 700 000 francs) par l'intermédiaire d'Art Technical Research, une société panaméenne disposant d'un compte en Suisse.

C'est par ce biais que Charles Debbasch aurait récupéré les sommes versées par des galeries américaines à l'artiste vieillissant. L'ancien doyen de la Faculté de droit a déjà effectué deux mois et demi de détention provisoire en 1994.

Brillant, souvent décrit par ses pairs comme un «homme exceptionnel», Charles Debbasch mettait également son talent au service des pays africains francophones, de préférence pour ceux qui ne bénéficient pas de régimes politiques parfaitement démocratiques, comme le Togo.

Il était ainsi devenu un habitué du Forum de Crans-Montana, où cet éminent professeur de droit apportait sa caution aux scrutins électoraux les plus contestés. Poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux, Charles Debbasch a été soupçonné d'avoir tenté, un temps, de chercher refuge en Afrique francophone.

Pour sa part, l'ancien conseiller de Giscard d'Estaing, qui risque trois ans d'emprisonnement et une privation de ses droits civils, civiques et de famille pendant cinq ans, affirme être victime d'«une machination».

Après Jean-Christophe Mitterrand, mis en cause dans des ventes d'armes en Angola, le forum de Crans-Montana perd, avec Charles Debbasch, un autre de ses invités d'«honneur».

Ian Hamel

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