Le plus beau match nul de l'année, selon la presse

swissinfo.ch

L'équipe de Suisse de football s'est qualifiée pour l'Afrique du Sud, sans y mettre la manière (0-0 contre Israël à Bâle), ce qui n'émeut guère la presse suisse, largement convaincue par la «méthode Hitzfeld». Un coatch qui a fait de la Suisse une équipe «germanisée».

Ce contenu a été publié le 15 octobre 2009 - 08:09

Sans la manière, mais c'est le résultat qui comptait. Tel est le sentiment assez généralisé de la presse suisse après la qualification de l'équipe suisse de foot pour la Coupe du monde 2010.

«Le plus beau nul de l'année!», titre le quotidien de boulevard alémanique Blick, qui poursuit, triomphant, «Ouiii, nous irons en Afrique du Sud!»... «Un polar, 90 minutes à trembler. Nous sommes fiers!»

En Suisse romande, Le Matin lance «La Suisse valide son ticket» et, en pages intérieures, «Afrique du Sud, nous voilà!» Le journal cite le coatch allemand de l'équipe de Suisse Ottmar Hitzfeld, qui confie: «Me qualifier pour une coupe du monde à quinze minutes de chez moi, c'est incroyable».

Sur la manière, les sorties de la Suisse «sont rarement captivantes, elles sont empreintes de réalisme, d'efficacité et de discipline. La Suisse joue comme les équipes d'Ottmar Hitzfeld ont toujours joué: le succès, sans galvaniser», résume la Berner Zeitung.

Cohérente, travailleuse, efficace

Le Temps évoque, lui aussi, une équipe «germanisée», caractérisée par le résultat plus que par la manière. «Une équipe cohérente, travailleuse, efficace. Et qualifiée», constate le journal édité à Genève, qui se réjouit de voir la Suisse disputer le premier Mondial africain de l'histoire.

«Cerise sur le gâteau, depuis la Coupe du monde de 2002, elle ne rate pas un grand rendez-vous. Peut-on dans ces conditions, se plaindre des déficits esthétiques de la Nati? Non. Parce que, dans ce football-là, seule la victoire est belle», assure Le Temps.

La Suisse d'Hitzfeld n'est plus celle de l'entraîneur précédent (Köbi Kuhn), trop prompte à s'émouvoir, constate la Neue Zürcher Zeitung. Elle est à l'image d'Hitzfeld. «Elle joue jusqu'à ses limites (...) et ne perd pas la foi. Elle s'est ridiculisée contre le Luxembourg [seul match perdu lors des qualifications], elle s'est relevée.» Pragmatique, synthétise le quotidien zurichois.

En jetant deux jeunes joueurs dans un match assimilable à un épreuve de vérité pour les nerfs tout en laissant le buteur Alex Frei sur le banc, l'entraîneur Hitzfeld a «joué avec le feu, estime la Basler Zeitung, et le coup de poker a fonctionnée.» C'est «le triomphe de la jeunesse» et Hitzfeld peut «revendiquer avoir tout fait juste».

L'intelligence est récompensée

A Fribourg, La Liberté juge que l'intelligence est récompensée. Cette qualification et la participation de l'équipe à tous les derniers grands rendez-vous «ne relèvent pas de la cour des Miracles».

Au-delà de la «culture de la gagne» apportée par Hizfeld, c'est aussi «l'affirmation d'une génération dorée: celle des Titans de Bernard Challandes (Frei, Magnin, Grichting...), demi-finalistes de l'Euro M21 il y a sept ans; celle des M17 (Barnetta, Senderos, Ziegler...), champions d'Europe au Danemark en 2002 également...»

C'est surtout, pour le quotidien fribourgeois, le résultat d'une stratégie «intelligente». Une politique menée depuis 1995 par l'Association suisse de football (ASF), qui «a misé sur l'avenir en mettant sur pied un concept pointu, professionnel, envié par les grandes nations du football européen elles-mêmes.»

A Lausanne, 24 heures (et la Tribune de Genève) calme le jeu. Après la qualification, il y a l'Afrique du Sud. Et «pour sa première Coupe du monde à titre personnel, Hitzfeld entend sûrement présenter une formation susceptible d'être autre chose qu'un simple faire-valoir. Le chantier paraît aujourd'hui important.»

Ne pas laisser trop de place au hasard, c'était l'attitude qu'Hitzfeld souhaitait voir adopter par son équipe contre Israël mercredi soir à Bâle. «Autrement dit, explique le quotidien vaudois, porter le danger devant, de peur qu'il ne vous joue un mauvais tour derrière. Que la Suisse n'y soit pas parvenue donne évidemment une idée des progrès à accomplir.» A huit mois de l'Afrique du Sud.

Pierre-François Besson, swissinfo.ch

LE PARCOURS DE LA SUISSE

Israël-Suisse 2-2
Suisse-Luxembourg 1-2
Suisse-Lettonie 2-1
Grèce-Suisse 1-2
Moldavie-Suisse 0-2
Suisse-Moldavie 2-2
Suisse-Grèce 2-0
Lettonie-Suisse 2-2
Luxembourg-Suisse 0-3
Suisse-Israël 0-0

Classement final Groupe 2

1. Suisse, 21 points
2. Grèce, 20 points
3. Lettonie, 17 points
4. Israël, 16 points
5. Luxembourg, 5 points
6. Moldavie, 3 points

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LA SUISSE EN COUPE DU MONDE

1934 (Quart de finale/Italie/Entraîneur: Heinrich Müller)
1938 (Quart de finale/France/Karl Rappan)
1950 (Premier tour/Brésil/Franco Andreoli)
1954 (Quart de finale/Suisse/Rappan)
1962 (Premier tour/Chili/Rappan)
1966 (Premier tour/Angleterre/Alfredo Foni)
1994 (Huitième de finale/Etats-Unis/Roy Hodgson)
2006 (Huitième de finale/Allemagne/Köbi Kuhn)
2010 (Afrique du Sud/Ottmar Hitzfeld)

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