Le rapport d'une Suissesse sur la chasse aux indics d'Israël

Israël ferme souvent un oeil sur le sort réservé à ses petits indics, selon le rapport de Mireille Widmer. Palestinian Human Rights Monitoring Group

Poursuivis par la sécurité de Yasser Arafat, les collaborateurs pro-israéliens se sentent souvent abandonnés par l'Etat hébreu. C'est la conclusion du rapport d'une Suissesse à Jérusalem. Mireille Widmer qui travaille pour une organisation de défense des droits de l'homme.

Ce contenu a été publié le 17 mars 2001 - 17:02

Depuis qu'Israël a entrepris de liquider des activistes de l'Intifada, une paranoïa anti-collabo a saisi la Cisjordanie et la bande de Gaza. Outre deux Palestiniens exécutés en janvier pour «collaboration avec l'ennemi», neuf habitants des territoires sont morts récemment dans des conditions suspectes. Certains travaillaient pour Israël. D'autres non.

«La lutte contre les mouchards peut recouvrir des règlements de compte. D'autant que la définition du collabo est très vague», explique Mireille Widmer, diplômée de l'Institut de Hautes études internationales à Genève, auteur d'un rapport pour le Palestinian Human Rights Monitoring Group.

En 1994, les mouchards étaient estimés à 6 000. Le retrait israélien des principales villes palestiniennes n'a pas tari le besoin d'oreilles. Au contraire. Le travail du Shin bet, le service de sécurité intérieur de l'Etat juif, nécessite aujourd'hui davantage d'indics pour savoir ce qui se passe dans les mosquées de Ramallah ou Gaza.

Tous les moyens sont bons pour recruter. Un permis pour travailler en Israël ou s'y faire soigner. Un laissez-passer pour se rendre en Jordanie. Dans des territoires en proie au chômage, les volontaires ne manquent pas. Des centaines de collabos ne seraient pas activés.

La plupart des gros poissons ont été relogés en Israël. «La tragédie, ajoute Mireille Widmer, concerne les centaines de petits indics restés dans les territoires. Israël n'a pas envie de les abriter. Et souvent l'Etat hébreu ferme un œil sur le traitement qui leur est infligé par les services de sécurité palestiniens quand ils sont arrêtés. En échange d'une lutte accrue par les Palestiniens contre les opposants islamistes au processus de paix, comme le Hamas et le Djihad».

Un accord tacite sur le dos de centaines de petits collabos poursuivis aujourd'hui par la sécurité palestinienne et en plein désarroi face à l'abandon de leur ex-employeur israélien.

Georges Malbrunot, Jérusalem

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