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Le retour aux sources de Maurice Béjart

Maurice Béjart a choisi de montrer cette Symphonie dans sa version originale.

(Keystone)

A 73 ans, et à l'enseigne des rendez-vous de décembre, le chorégraphe Maurice Béjart a décidé de remontrer au public du Métropole à Lausanne sa première grande chorégraphie, «Symphonie pour un homme seul».

Il y a 45 ans, Maurice Béjart créait «Symphonie pour un homme seul», au Théâtre de l'Etoile à Paris. A l'époque, cette chorégraphie surprit, car elle rompait avec les tutus et les histoires féeriques du ballet classique traditionnel.

En effet, elle mettait en scène un homme, en pantalon et torse nu, qui dansait sur une musique constituée de bruits et de cris de femme.

En cette fin de millénaire, ce sont Christine Blanc et Gil Roman qui tiennent les rôles jadis dansés par Michèle Seigneuret et Maurice Béjart lui-même.

La pièce évoque l'angoisse de l'homme dans sa solitude face à une foule qui cède aux tentations de la consommation et aux plaisirs éphémères. L'être solitaire finit d'ailleurs par grimper à la corde comme un singe, assailli par le corps de ballet. Composé en la circonstance de trente danseurs et riche de treize ans d'activité.

«Le spectateur verra la Symphonie dans sa version originale, explique Maurice Béjart. Dépouillée, elle garde le parfum novateur de l'époque. Contrairement, avoue-t-il, à ma reprise inopportune de 1980 à Bruxelles.»

Et Béjart de préciser: «Je remonte cette Symphonie, parce que ce fut ma première chorégraphie importante, mon premier succès international. Mais ce qui est encore plus important pour moi est le travail de transmission à Gil Roman et Christine Blanc. Et pour cela, je réveille en moi ma mémoire musculaire!»

En 1954, Maurice Béjart découvre deux artistes à la pointe de la recherche musicale, Pierre Henri et Pierre Schaeffer, fondateurs de la musique concrète, dont les œuvres sont composées de sons et de bruits remaniés. «Béjart est parti avec la bande son sous le bras, raconte Pierre Henri. On ne l'a plus revu pendant trois mois.»

Deux autres chorégraphies de Béjart sont au programme du 14 au 18 décembre: le Mandarin merveilleux, sur une musique de Béla Bartok et les Sept danses grecques, sur un thème de Mikis Theodorakis.

Enfin, du 19 au 22 décembre, Symphonie pour un homme seul disparaît du programme et se voit remplacé par une même chorégraphie, exécutée, une fois, sur la musique d'Alban Berg et, la seconde fois, à partir du morceau Nikita d'Elton John.

Emmanuel Manzi

Représentations: 14, 15, 19, 20, 21, 22 déc. à 20h; les 16 et 17 déc. à 18h.

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