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Le sommet de l'information entre secrets et rumeurs

(swissinfo.ch)

Qu'en est-il du Sommet sur la société de l'information que l'Union internationale des télécommunications annonçait pour 2003? Qu'en est-il surtout de la rumeur qui voudrait que l'UIT partage le projet entre Genève et Tunis? Le secret, si secret il y a, est bien gardé.

Pour mémoire: l'UIT a décidé de convoquer dans deux ans un Sommet mondial sur la société de l'information. Au rythme où se développent les technologies de la communication, l'idée de faire se rencontrer les principaux décideurs de la planète sur ce thème est une initiative qui mérite d'être soutenue. Surtout quand on prend conscience du «fossé numérique» qui pourrait s'agrandir encore entre pays industrialisés et pays en développement.

La décision finale concernant la date et le lieu du Sommet est du ressort du secrétaire général de l'UIT, Yoshio Utsumi. On l'attendait d'abord pour décembre 2000, puis pour mars dernier. Mais au siège de l'organisation, aucune information officielle n'a encore été divulguée. Et c'est toujours l'attente pour les deux pays candidats à l'accueil de l'événement, la Suisse et la Tunisie.

Les bruits et les rumeurs vont bon train, telle l'idée de couper la poire en deux. Il y a quelques semaines, nous avions déjà fait mention ici de cette hypothèse que l'on nous disait guère prise au sérieux. Elle vient de refaire surface dans la presse romande sous la formule supposée d'un premier sommet à Genève en 2003, et d'un second à Tunis en 2005.

La position officielle suisse, cependant, n'a pas bougé d'un pouce. C'est à l'OFCOM, l'Office fédéral de la communication, que le gouvernement a donné mandat de participer à la préparation du Sommet. Selon Roberto Rivola, porte-parole de cet Office, «la Suisse veut encore et toujours un seul sommet, elle le veut à Genève et en 2003. Si l'UIT veut proposer d'autres solutions, c'est de sa responsabilité.»

Précisément. Comme on l'entend dire ici ou là, l'UIT a-t-elle vraiment proposé de couper le sommet en deux, une partie à Genève, une autre à Tunis, à des moments différents, voire à deux ans d'intervalle entre les deux événements? Il nous a été impossible de recueillir auprès de l'organisation le moindre avis officiel confirmant ou infirmant une telle démarche.

A ce que nous croyons savoir, la Tunisie - dont on dit que la candidature bénéficierait du soutien d'une cinquantaine d'États - ne s'opposerait pas au principe d'un sommet en deux phases même si cette formule, de prime abord, lui serait apparue comme difficilement acceptable.

De toute évidence, le sujet est diplomatiquement délicat, assorti de beaucoup de non-dits et propice à la désinformation. La Suisse voit l'événement dans la continuité des grands rendez-vous de Télécom, la Tunisie veut à tout prix donner l'image d'un pays du Sud ouvert aux nouvelles technologies de l'information, le secrétaire général de l'UIT pense déjà manifestement à sa réélection. Cela fait décidément beaucoup d'intérêts à concilier. A négocier, peut-être aussi.

Mais le temps presse. Un événement comme celui-là ne s'improvise ni sur le plan logistique, ni dans le débat d'idées. Un Sommet préparé à la hâte ne pourrait que courir à l'échec. C'est bien évidemment ce qui inquiète la Suisse qui entend faire de ce rendez-vous mondial un succès, c'est-à-dire une étape significative vers le rapprochement de sociétés qui aujourd'hui donnent plutôt l'impression de «naviguer» à des vitesses de moins en moins synchronisées.

Bernard Weissbrodt


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