Le soutien helvétique à l'initiative de Genève

L'ambassadeur Urs Ziswiler (au c.) avec Abraham Burg, membre de la Knesset (à d.) et Nazmi Al Ju'beh, de l'Université de Bir Zeit. Keystone

L’Initiative de Genève demeure l’horizon le plus réaliste de tout accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Ce contenu a été publié le 01 décembre 2004 - 19:37

C’est le message martelé à Genève par ses promoteurs et la diplomatie suisse, un an après le lancement de cet accord de paix virtuel.

Une conviction intacte et un espoir inébranlable. Tels sont les sentiments qu’expriment quelques-uns des principaux promoteurs de l’Initiative de Genève. Et ce, pour le 1er anniversaire de cet accord de paix fermement soutenu par la Suisse.

Accueillis par le Club suisse de la presse, la délégation israélo-palestinienne a rappelé en premier lieu les vertus de ce document négocié. A savoir de montrer qu’un accord de paix est atteignable, y compris sur les questions les plus taboues, comme le statut de Jérusalem et le retour des réfugiés palestiniens.

«Les affrontements de ces dernières années ont polarisé les positions des deux camps. L’initiative de Genève nous permet de revenir à une politique réaliste et d’expliquer à notre peuple ce que l’on peut réellement obtenir lors de futures négociations», a plaidé le Palestinien Nazmi Al Ju’beh, de l’Université de Bir Zeit.

«L’initiative de Genève marque le début d’un processus entre deux partenaires qui se respectent. Elle a permis de montrer concrètement à nos deux peuples, comme au reste du monde, les contours de la paix», a ajouté de son coté l’Israélien Abraham Burg, ancien Président de la Knesset.

L’adhésion des citoyens

Mais la vertu cardinale de ce texte - largement diffusé en Israël et dans les territoires palestiniens – est bien d’avoir lancé un débat au sein des populations concernées. Or, comme l’ont souligné les intervenants, un accord de paix ne sera viable que s’il est soutenu par les citoyens, qu’ils soient israéliens ou palestiniens.

De son coté, l’ambassadeur suisse Urs Ziswiller a rappelé que ce document avait déjà poussé le Premier ministre Ariel Sharon à lancer son projet de retrait de la bande de Gaza.

«Or, les Etats-Unis comme l’Union européenne ont récemment répété que ce retrait ne pouvait constituer qu’une première étape», a souligné le chef de la Direction politique du ministère suisse des Affaires étrangères.

L’appui de la Suisse

Quoi qu’il en soit, la Suisse va poursuivre son aide à l’Initiative de Genève et à ses infatigables promoteurs.

«Nous allons continuer de travailler avec nos partenaires, à savoir la Coalition pour la paix , coté palestinien et l’organisation israélienne Initiative de Genève. Et ce, par un soutien tant politique que financier», précise ce proche collaborateur de Micheline Calmy-Rey.

Leur prochaine étape prendra la forme d’une campagne baptisée «Nous avons un partenaire». Elle sera diffusée par la télévision palestinienne et dans les cinémas d’Israël.

Et ça n’est pas tout. La Suisse a également créé un réseau international de soutien à l’accord de Genève.

«Ce groupe réunit désormais 33 pays dont 8 pays arabes. La prochaine réunion de ce réseau de soutien doit se tenir en mars ou en avril, probablement à Genève», détaille l’ambassadeur.

Financièrement, le gouvernement suisse continue d’en être le principal contributeur. Il a déjà participé à hauteur de 3,5 millions de francs au budget de l’Initiative et prévoit d’y mettre 2 millions supplémentaires pour l’année prochaine.

Seul bémol à cet anniversaire: la démission du professeur genevois Alexis Keller du comité de soutien à l’Initiative de Genève. Selon Urs de Ziswiler, ce départ de l’un des pères de l’accord israélo-palestinien ne signifie en aucun cas un désaccord avec les autres membres du comité, ni avec la diplomatie suisse.

swissinfo, Frédéric Burnand à Genève

En bref

- Le budget de l’Initiative de Genève se monte à 9,1 millions de francs.

- La contribution suisse s’élève à 3,5 millions de francs. Deux millions supplémentaires sont prévus pour 2005.

- La Suisse consacre chaque année 28 millions de francs à son action au Proche-Orient.

-Le professeur Alexis Keller a donné sa démission.

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