Le Suisse inculpé dans l'affaire Elf

Daniel Renaud est soupçonné par la justice suisse d’avoir aidé Christine Deviers-Joncour à dissimuler 26 millions de francs français. Keystone

Il est absent du procès de Roland Dumas qui s'est ouvert cette semaine à Paris. Pourtant, Daniel Renaud gérait l'argent de Christine Deviers-Joncour, l'ancienne maîtresse du ministre français des Affaires étrangères. C'est que l'ancien banquier de Paribas Suisse et de la Discount Bank est inculpé dans l'affaire Elf à Genève et pas à Paris.

Ce contenu a été publié le 26 janvier 2001 - 18:11

La vie de ce gestionnaire de fortune, installé à Genève, a basculé en 1999 lorsque le juge Paul Perraudin, chargé du dossier Elf, l'a inculpé pour «blanchiment d'argent» et «faux témoignage». Il est soupçonné par la justice suisse d'avoir aidé Christine Deviers-Joncour, ex-maîtresse de Roland Dumas, à dissimuler 26 millions de francs français.

L'histoire remonte à juillet 1997 dans le parking d'un grand hôtel de la Cité de Calvin, donnant sur le Rhône. Christine Deviers-Joncour, portant deux sacs remplis de billets de banque, demande alors à Daniel Renaud, ancien banquier devenu gestionnaire de fortune indépendant, de s'occuper de son magot.

C'est à Paribas Suisse et à la Discount Bank que Daniel Renaud a fait la connaissance de celle qui allait devenir «La putain de la République». «J'ai apporté l'argent dans une banque où il a été recompté, raconte l'ancien banquier à swissinfo. Christine Deviers-Joncour souhaitait non seulement préserver son capital, mais le faire fructifier». Les fonds prendront ensuite le chemin d'un Trust aux Bahamas.

Seulement voilà, convoqué par le magistrat genevois chargé du dossier Elf, Daniel Renaud va protéger sa cliente et nier qu'il sait où sont les avoirs de l'amie de Roland Dumas. Résultat, il sera un jour jugé pour «infraction sur la loi sur le blanchiment» et «faux témoignage».

Et, surtout, cette inculpation fait déjà l'objet d'une préinscription sur son casier judiciaire. Résultat, Daniel Renaud a dû renoncer à son métier de gestionnaire de fortune pour devenir consultant en engineering économique et financier. «Cette affaire m'a coûté très cher en termes de manque à gagner, affirme-t-il. Mais je ne regrette rien».

L'homme affirme ne suivre que d'un œil distrait le procès de l'affaire Elf qui se déroule actuellement à Paris. Et l'ancien banquier de conclure: «mes clients ont, en général, apprécié mon attitude dans cette affaire. Ils me sont restés fidèles».

Ian Hamel

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