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Le système nerveux de la métropole lémanique

Geneviève Morand, fondatrice et directrice de la plate-forme de réseautage romande rezonance.

«Rezonance» catalyse depuis dix ans les porteurs de projets et les entrepreneurs de Suisse romande. Ce réseau social d'affaires et de formation a accompagné et stimulé le développement de la métropole lémanique. Interview de sa fondatrice Geneviève Morand.

Issue d'une longue lignée de créateurs d'entreprise, Geneviève Morand est l'une des actrices du dynamisme retrouvé de la Suisse romande et de sa métropole qui se développe tout au long du lac Léman entre Genève et Montreux.

«Rezonance» – le nom de son réseau – a organisé depuis dix ans de multiples conférences centrées sur les nouvelles technologies, leur impact et leur potentiel et permis à nombre d'entrepreneurs de se lancer ou d'élargir leur horizon. Des rencontres physiques qui peuvent se prolonger grâce au site web du réseau.

swissinfo: Quel était l'idée de départ de votre réseau?

Geneviève Morand: L'idée a toujours été l'émulation de la Suisse romande. Et ce au travers d'une innovation technologique qui allait profondément bouleverser la société, les entreprises et la vie des personnes: Internet et les applications qui s'y développent. Nous avons donc invité les pionniers du web et les personnes directement touchées par ces développements (télécoms, informatique, audiovisuel).

swissinfo: Quel a été l'impact de l'effondrement des valeurs technologiques à la fin des années 90?

G. M.: Pour moi, la bulle internet n'a jamais vraiment existé. Il faut en effet comprendre que la bourse est un phénomène étrange. En un seul jour, il s'y échange tous les biens produits dans le monde. Le reste de l'année, on échange des biens qui n'existent pas.

J'avais aussi la conviction que les changements apportés par les nouvelles technologies de l'information constituaient un tournant majeur et inexorable. De fait, l'éclatement de la bulle Internet n'a pas touché le fond des applications, ni les changements de comportement individuel et collectif liés à l'émergence de la société en réseau.

swissinfo: Précisément, que permet votre réseau?

G. M.: Nous voulons accompagner le changement de paradigme en cours, à savoir le passage d'une société pyramidale et hiérarchique à celle en réseaux complexes. Une idée à la base des thèmes de nos rencontres.

Notre communauté a augmenté de 2500 à 3000 personnes par année pour atteindre aujourd'hui le nombre de 25'000. Leur point commun, c'est la curiosité face aux changements fondamentaux de notre époque.

Concrètement, les participants viennent aux 35 rencontres que nous organisons par année pour trouver de l'information et de nouvelles idées, faire des contacts, des rencontres et le plein d'énergie.

Nous cherchons en effet toujours à poser les questions de manière positive. Car l'avenir sera ce que nous en ferons.

swissinfo: Votre réseau permet également de lancer des projets.

G. M.: Tout à fait. Les gens participent aussi à nos rencontres pour recruter ou être engagé, trouver des idées pour leur entreprise, monter un projet avec d'autres personnes.

Notre taux de pénétration chez les cadres d'entreprise avoisine les 40%. Il y a également 40% de femmes. Les participants viennent aussi bien du privé que du public ou du monde associatif. Mais les entrepreneurs et les indépendants sont les plus représentés. Ce qui n'a rien d'étonnant, vu que l'essentiel de l'économie suisse est constitué de PME.

Outre la curiosité, le point commun des participants est d'être proactifs. En effet, il ne sert à rien d'avoir peur du futur. Il faut participer à son élaboration.

swissinfo: Avez-vous des perspectives sur le reste de la Suisse?

G. M.: J'aime la proximité. C'est donc la Suisse romande qui m'intéresse. Cette région est bourrée de talents, mais personne ne le sait. C'est aussi un des rôles de Rezonance que de le faire savoir.

swissinfo: Estimez-vous qu'aujourd'hui l'esprit d'entreprise est bien ancré en Suisse romande?

G. M.: L'esprit d'entreprise ne s'apprend pas, si ce n'est par contagion. Plus il y a d'entrepreneurs, plus il y a de vocations. Car entreprendre, c'est avant travailler sur ses peurs pour les surmonter et se lancer.

Le problème de la Suisse romande, c'est son confort. Quand vous n'avez pas faim, c'est plus difficile d'être créatif. Cela dit, beaucoup d'initiatives ont été prises en Suisse romande, comme venturelab (aide à la création d'entreprise) qui a joué un rôle majeur dans la diffusion de l'esprit d'entreprise ou les dizaines de prix à l'innovation qui ont été lancé ces derniers temps. Cette année, il y aura 135 lauréats de ces prix en Suisse romande.

Une autre difficulté tient à la très petite taille de notre marché intérieur. Il s'agit donc de donner le courage aux créateurs d'entreprise de s'attaquer au marché européen ou mondial. Or l'Internet est mondial par essence.

Interview swissinfo : Frédéric Burnand à Genève

Rezonance, ces 10 prochaines années

Geneviève Morand et son équipe veulent consolider leur modèle d'affaire basé sur le sponsoring, la publicité et l'abonnement.

Rezonance veut développer les thématiques de ses rencontres, comme l'entreprenariat au féminin. D'ici la fin de l'année, le réseau compte lancer 8 cellules d'entraide pour femmes entrepreneurs.

Un autre secteur à venir est celui des compétences sociales dont le réseautage est un des piliers. «Aujourd'hui, ce ne sont plus les compétences métier qui font la différence, souligne Geneviève Morand, mais les compétences sociales.»

Rezonance va continuer à développer tout ce qui touche à l'Internet et le domaine des biotechnologies, deux des trois pôles économiques du bassin lémanique avec la microtechnique.

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