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Le Valais pilote des délinquants vers la liberté

La première maison d’éducation fermée en Suisse romande verra le jour à Pramont.

Le Valais a une longue tradition liée à l’éducation de jeunes en difficulté. Même si ses méthodes sont parfois contestées.

Le canton du Valais sait de quoi il retourne. Des atouts, il en a à revendre. Au point qu’il entreprend sans hésitation la mise en œuvre d’un projet pilote en Romandie.

Sûr de lui, mais également de ses soutiens. Ainsi le Parlement cantonal a récemment accepté à l’unanimité - moins une abstention - la part du financement cantonal pour transformer l’actuel site de Pramont, soit 1,48 million.

Les 500’000 francs manquant à cette transformation d’un coût total de 1,98 million seront subventionnés par la Confédération.

L’Office fédéral de la justice a toutefois refusé de considérer «cette maison d’éducation conventionnelle comme un projet pilote. Car ce type d’établissement est la norme en Suisse alémanique,», selon Priska Schurmann, cheffe de la section de l’exécution des peines et mesures.

Vingt deux places disponibles

«Actuellement, le centre d’éducation de Pramont compte 39 places d’accueil pour des jeunes de 18 à 25 ans», précise Christian Varone, directeur des Etablissements pénitentiaires valaisans (EPV).

Mais, précise-t-il, «depuis quelques temps, grâce à certaines dispositions du code pénal, nous pouvons accueillir quelques mineurs».

Il se trouve que les structures et le fonctionnement de cet établissement, près de Granges, sont très proches de celles exigées pour accueillir les futurs délinquants mineurs, soit 22 environ.

Cela explique, notamment, le «relatif faible coût de la transformation».

Car depuis 1978, l’établissement accueille de jeunes délinquants majeurs. Ils sont enfermés, certes, mais sans aucun gardien.

Ils sont pris en charge par des éducateurs spécialisés et des maîtres socioprofessionnels. Ceci dans la seule optique d’une bonne réinsertion dans la société.

Une équipe de professionnels qui sera renforcée de dix postes quand le nouveau centre pour mineurs sera opérationnel en 2005.

La réinsertion sera, en effet, la préoccupation centrale de cette maison d’éducation fermée.

L’unique «survivant»

Il faut dire également que l’établissement de Pramont est le seul «survivant» de Suisse romande. Il a fallu fermer de nombreux sites. La violence y était ingérable.

Résultat: de nombreux mineurs ont été placés dans des prisons pour adultes.

«Je ne supporte pas l’idée que des mineurs puissent être enfermés dans ce genre d’établissement, sans aucune possibilité de réinsertion», souligne Christian Varone.

Un mélange explosif et malsain. Les effets induits étaient prévisibles. La délinquance juvénile a doublé en moins de dix ans. Sans oublier une augmentation conséquente des crimes de sang chez les moins de 17 ans.

De plus, avec le nouveau code pénal, la situation des mineurs pourrait encore s’aggraver. En raison, notamment, de l’augmentation du temps de détention prévue dans ses articles de loi.

Levée de boucliers des juges

Du côté des juges pour mineurs de tous les cantons romands et du Tessin, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les enjeux et les risques sont, à leurs yeux, trop grands.

Parmi eux figure le juge valaisan Jean Zermatten, reconnu pour son engagement en faveur de la protection des mineurs.

Ces juges ont mis sur pied un concordat inter-cantonal, afin de coordonner tous les efforts en la matière.

Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que l’on attend avec impatience de voir comment fonctionnera le futur centre.

Et surtout, s’il est assez grand pour recevoir ou garder les jeunes délinquants en difficulté.

Tradition valaisanne

Le Valais va pouvoir tirer profit d’une longue tradition dans le domaine.

Depuis plus de trente ans, de nombreuses institutions et fondations volent au secours des jeunes délinquants en difficulté.

Des noms d’établissements comme la Fontanelle ou les Rives du Rhône sont particulièrement connus, parfois par leurs méthodes un peu rudes, voire contestées.

«Il ne faut pas confondre la rigueur avec l’humiliation», répond Christian Varone, qui admet que la prise en compte d’un délinquant demande un encadrement approprié pour le ramener dans le bon chemin.

Et le patron des EPV de conclure que «jamais il n’accepterait de voir humilier ou battre des jeunes gens», comme cela se fait parfois dans certains endroits.

swissinfo, Jean-Louis Thomas


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