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Le Vatican offensé

La Garde suisse du Vatican, le 6 mai 2002. Keystone Archive

Le Saint-Siège a qualifié d'inacceptables les critiques de l'un des avocats de la mère du garde suisse décédé Cédric Tornay, auteur d'un double meurtre.

Ce contenu a été publié le 06 juillet 2002 - 00:05

Selon la version officielle, Cédric Tornay, caporal de la Garde suisse âgé de 23 ans, aurait, dans un "accès de folie", assassiné, le 4 mai 1998 à leur domicile au Vatican, le chef de la Garde suisse, le colonel Alois Estermann, et son épouse vénézuélienne, Gladys Meza Romero, avant de se donner la mort avec son arme de service.

Mais la mère de Cédric Tornay croit son fils innoncent. Et les deux avocats français de Mme Muguette Baudat (maman de Cédric Tornay) - Me Luc Brosselet et Me Jacques Vergès - contestent la version officielle.

«Secret, silence et mépris»

Cependant, le bureau de presse du Vatican a déclaré vendredi dans un communiqué que "les déclarations offensantes et privées de fondement faites contre le Saint-Siège, l'Etat de la Cité du Vatican et ses organes judiciaires, sont totalement inacceptables".

En effet, l'avocat Luc Brosselet a déclaré, vendredi à Rome, que "les seuls moyens d'expression de la justice vaticane sont le secret, le silence et le mépris".

Me Brosselet et Me Jacques Vergès reprochent au Vatican d'avoir attendu plus de deux mois avant de répondre à une demande qu'ils avaient adressée le 21 avril au pape Jean Paul II pour la réouverture de l'enquête sur le meurtre du chef de la Garde suisse et de son épouse.

"Dès l'annonce de notre conférence de presse, la secrétairerie d'Etat du Vatican s'est réveillée et nous a adressé une lettre sibylline pour nous informer que notre requête avait été transmise aux instances judiciaires compétentes", a déclaré Me Brosselet.

"Mais nous n'avons aucune précision sur l'instance qui a aujourd'hui notre requête, et nous ne savons pas si cette instance est obligée de statuer ou si elle va simplement la mettre dans un tiroir", a-t-il ajouté.

Requête au pape

"En nous adressant au pape, nous avions la certitude de recevoir une réponse. Nous nous sommes trompés. Nous prenons acte de ce silence du pape qui, au mépris de toute éthique chrétienne, n'a pas répondu à une mère en détresse", a déclaré l'avocat.

Le Vatican indique dans son communiqué que la demande de réouverture de l'enquête "est parvenue au Promoteur de justice (procureur) du Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican". "Cette demande est actuellement à l'examen de l'office judiciaire compétent", ajoute le communiqué.

Et ce, bien qu'au mois d'avril, le président de la Cour d'appel du Vatican, Mgr Francesco Bruno ait annoncé le rejet de la demande "faute d'éléments nouveaux".

Juge d'instruction suisse ?

Les deux avocats, Me Brosselet et Me Vergès, se sont déclarés insatisfaits de la réponse du Vatican et n'excluent pas de saisir la justice helvétique «au mois de septembre».

«Cédric Tornay était suisse, a souligné Me Brosselet. Nous pouvons donc saisir un juge d'instruction suisse qui aurait la possibilité de demander au Vatican la communication de son enquête».

En définitive, les deux avocats demandent deux choses: que l'enquête soit rouverte et qu'elle soit confiée à des autorités extérieures au Vatican.

swissinfo avec les agences

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