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Les adieux aigres-doux du PDC à Ruth Metzler

Le président de la Confédération prend congé de son ex-collègue Ruth Metzler.

(Keystone)

Samedi à Schaffhouse, le Parti démocrate chrétien (PDC) a pris officiellement congé de l’ex-ministre.

Avec des propos et des sourires qui masquaient difficilement la crispation suscitée par son livre récemment paru, «Alpenbitter & Grissini».

Le Parti démocrate-chrétien (centre droit) a pris congé de l'ancienne conseillère fédérale (ministre) Ruth Metzler lors de son assemblée des délégués, samedi à Schaffhouse.

Assaillie à son arrivée par une horde de journalistes et de photographes, Ruth Metzler était clairement la vedette du jour. Toute de blanc vêtue, l'ex-conseillère fédérale a été applaudie timidement par quelques groupes de délégués lorsqu'elle a pénétré dans la salle.

Ruth Metzler avait été évincée du gouvernement le 10 décembre dernier, «lâchée» selon certains, par son parti. Un climat de malaise avait envahi le PDC, renforcé par la publication récente du livre de Ruth Metzler, non dépourvu de critiques.

Lors de son discours d’hommage, la vice-présidente et présidente intérimaire du PDC, Doris Leuthard, s'est d’ailleurs excusée d'avoir la voix un peu enrouée: «J'ai tellement dû parler pour prendre position au cours de la semaine que même une bonne gorgée d'Alpenbitter n'a pas suffi à éclaircir ma voix», allusion directe au titre de l’ouvrage en question, «Alpenbitter & Grissini».

Chauds et froids

Lors de sa présentation de la deuxième série des bilatérales, le président de la Confédération Joseph Deiss a adressé quelques mots à son ancienne collègue: «Si les accords de Schengen et Dublin ont pu aboutir, c'est aussi grâce à toi, et je tiens ici à t'en remercier».

Dans son hommage, Doris Leuthard s'est montrée habile rhétoricienne, cherchant à ménager les sensibilités des uns et des autres, et à jouer du double sens. «Dans ton livre, tu exprimes ta perception des événements du 10 décembre», a-t-elle dit à l'adresse de Ruth Metzler.

«C'est ton droit, et je le comprends». Mais, a-t-elle poursuivi, «les perceptions divergent diamétralement». Pour la vice-présidente du parti, le 10 décembre 2003 a été un tournant non seulement dans la vie de Ruth Metzler, mais aussi dans l'histoire du PDC, qui a dû «s'y confronter».

Doris Leuthard a remercié l'ancienne ministre de justice et police «d'avoir beaucoup fait bouger les choses» avec sa «jeunesse». Le Parlement y a mis fin le 10 décembre dernier. «Nous le regrettons».

La voix de la politicienne

«On retourne toujours volontiers là où l'on a ses racines», a observé de son côté Ruth Metzler dans son discours. L'ancienne conseillère fédérale a reconnu qu'au PDC, elle se sentait «à la maison» car le parti s'engage pour les valeurs qui lui sont les plus importantes.

«Sur le chemin du succès, la critique est aussi nécessaire», a-t-elle relevé. Selon elle, le parti ne doit pas seulement se focaliser sur les sujets brûlants, mais également prendre des responsabilités, par exemple en s'engageant sur les questions de naturalisation et de politique de la drogue. Elle a ainsi plaidé pour la dépénalisation de la consommation de cannabis.

«Le PDC doit assumer sa responsabilité sociale et proposer des solutions», a affirmé Ruth Metzler en dénonçant la volonté de non entrée en matière du groupe parlementaire sur la révision de la loi fédérale sur les stupéfiants.

Pour elle, la seule chance du PDC est de se profiler comme «le parti des questions sociales». Et de renvoyer la balle au groupe parlementaire, qui doit «faire suivre les actes aux paroles».

Double oui le 26 septembre

Les délégués du PDC ont approuvé à la quasi-unanimité les deux objets qui seront soumis en votation le 26 septembre prochain. Le premier prévoit la naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 2ème génération.

Le second introduit l'acquisition automatique de la nationalité suisse pour les étrangers de la 3ème génération. Le projet de révision de la loi sur la nationalité est marqué de l'empreinte de Ruth Metzler.

La mort du consensus?

Depuis le 10 décembre, «la concordance est cliniquement morte» a estimé Doris Leuthard lors de son discours. Les partis au pouvoir ne sont plus prêts au consensus, lui préférant la «doctrine pure». Selon la conseillère nationale argovienne, la voie des «positions dogmatiques» entraîne la paralysie.

La vice-présidente s'en est particulièrement prise à l'UDC (Union démocratique du centre, droite dure). Accusant implicitement le nouveau ministre de justice et police, Christoph Blocher, elle a relevé «qu'au Conseil fédéral, on soutient officiellement les décisions, tout en faisant clairement comprendre à l'opinion publique que l'on ne partage pas ses positions».

Seule la concordance pourra sortir la politique nationale de l'immobilisme dans lequel elle est plongée, a-t-elle affirmé. Les démocrates-chrétiens ambitionnent d'y contribuer.

swissinfo et les agences

Faits

Le PDC (Parti démocrate chrétien) rend 'hommage' à Ruth Metzler lors de l'assemblée de ses délégué à Schaffhouse.
L'ancienne conseillère fédérale (ministre), évincée le 10 décembre 2003, a récemment semé le trouble dans son parti avec la publication du livre "Alpenbitter & Grissini".

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