Les Asiatiques friands des montres de luxe

Le Japon absorbe plus de 30% de la production suisse des montres les plus chères. Keystone Archive

Les montres suisses de luxe résistent à l'impact des attentats aux Etats-Unis et à la riposte américaine en Afghanistan. La clientèle extrême-orientale en raffole.

Ce contenu a été publié le 22 octobre 2001 - 16:36

Rien ne semble pouvoir stopper les Japonais dans leur désir d'acheter des montres suisses de luxe. Ni Ben Laden, ni la grande peur bioterroriste qui se répand dans le monde entier.

«Nous ne notons aucun changement dans leurs habitudes depuis le 11 septembre. Au contraire, nos produits de haut de gamme ne se sont jamais aussi bien vendus», déclare-t-on chez Rolex à Tokyo.

Un porte-parole de FJ Benjamin Holdings, une entreprise de Singapour spécialisée dans les produits européens de luxe note que «ceux qui ont les moyens de s'offrir une montre Audemars-Piguet ou Vacheron-Constantin les achètent quand ils en ont envie. Sans s'inquiéter des récessions ou de la maladie du charbon».

Baisse sur les bas de gamme

A Hong Kong, Chris Leung, un analyste de la maison de titres DBS Securities, observe que les ventes de montres de bas de gamme sont en baisse de 10% depuis un mois. Mais celles des plus grandes marques suisses, pour le moment, restent au même niveau ou presque que l'an dernier à la même époque.

Le Japon est le premier marché du luxe en Asie. Il absorbe, à lui seul, plus de 30% de la production suisse des montres les plus chères. Le grand magasin Mitsukoshi au cœur de Tokyo assure que même les jeunes Japonais commencent à acheter des montres suisses de prix.

«C'est un phénomène récent. Il n'est pas rare de voir des clients de moins de trente ans s'offrir des montres suisses coûtant entre 2000 et 3000 francs. Ils vivent chez leurs parents, ont un emploi bien payé. Et donc beaucoup d'argent de poche. Ils ne sont pas du tout concernés par ce qui se passe en dehors du Japon», dit un porte-parole.

Autre explication donnée par Nami Abe du journal économique Nikkei à Tokyo: les Japonais ont décidé de rester chez eux depuis ces attaques terroristes. Les transporteurs aériens européens enregistrent une baisse de 30% à 40% du nombre de leurs passagers volant vers l'Europe.

Les problèmes de Swissair n'arrangent pas non plus les affaires du tourisme suisse. Aussi, l'argent que les Japonais entendaient dépenser pour voyager, ils l'utilisent, aujourd'hui, pour s'acheter du luxe. Et les distributeurs de montres suisses en profitent.

Georges Baumgartner, Tokyo

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