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Les banquiers endurent aussi la réalité du chômage

Les soubresauts boursiers dévastent la place financière genevoise.

(Keystone Archive)

La crise que traverse le secteur bancaire et financier genevois pose d'évidents problèmes de réinsertion de cadres et de dirigeants souvent trop qualifiés.

Le problème n'est pas temporaire. Il faudra compter un ou deux ans pour le résoudre.

Les agences de placement suisses doivent faire face à un nouveau dilemme: comment gérer la quantité de professionnels qualifiés qui ont perdu leur emploi dans les secteurs de la banque et de la finance?

Le ralentissement économique mondial a contraint nombre d'établissements financiers helvétiques à redimensionner leurs activités et à licencier.

Ainsi, les anciens cadres, que ce soit dans la gestion d'actifs, le courtage sur les marchés ou la banque privée, viennent grossir les rangs des chômeurs.

«C'est un phénomène qui touche tous les centres financiers du monde, Zurich, Francfort, Londres et New York», explique Neil Ankers, directeur du bureau de l'emploi du canton de Genève.

Selon le directeur, cette nouvelle catégorie de demandeurs d'emploi est trop qualifiée pour les structures de placement et de formation actuelles. C'est la principale difficulté que ce phénomène nous cause.


«C'est un problème capital car les instruments de réinsertion classiques ne sont pas calibrés pour ce type de chômeurs», précise encore Neil Ankers.

«Nous devons leur fournir davantage d'informations et mettre sur pieds des réseaux qui leur permettront de devenir plus autonome dans leurs recherches d'emplois».

Sécurité de l'emploi

Le directeur du bureau de l'emploi croit également que nombre de cadres et de dirigeants helvétiques se sont laissés bercés par une notion trompeuse de sécurité de l'emploi trompeur et une éthique du travail qui récompense la loyauté.

«Ces personnes n'ont jamais pensé que le chômage pourrait leur arriver parce que la loyauté constitue une composante essentielle de la culture du travail helvétique, plus spécialement dans l'univers de la banque privée», souligne l'intéressé.

Le problème est particulièrement aigu dans le secteur de la banque privée genevoise. Heurté de plein fouet par les fusions et restructurations, par la diminution des revenus et la volatilité des marchés financiers.

La tendance devrait se maintenir et le nombre de demandeurs d'emplois actifs dans le secteur financier atteindre un record de 1000 unités au mois d'avril dans le canton.

Cette prédiction découle de l'interprétation des derniers chiffres genevois. Sur les 12 derniers mois, l'augmentation des chômeurs actifs dans le secteur bancaire à augmenté de 76,4%.

Une tendance croissante

Dans le but de lutter contre cette tendance, le canton de Genève a institué un groupe de travail destiné aux recruteurs et responsables des ressources humaines spécialisés dans le secteur bancaire.

Ce groupe travaille avec les services d'aide au replacement que possèdent les banques dans le but d'aider les personnels surqualifiés à se réorienter et à faire évoluer leur carrière.

Marie-France Goy, de l'Association suisse des employés de banque (ASEB) affirme que la seule option qui leur reste est de changer de secteur d'activité. Ce qui implique souvent une diminution de salaire et un prestige moindre.

«Ces personnes vivent une situation très difficile parce que la plupart étaient motivées par leur carrière, de même que des salaires élevés», a déclaré la représentante de l'ASEB.

«Bon nombre d'entre eux perdent leur voiture, leur maison... C'est une situation tragique pour leur famille et nous avons des difficultés à les aider», poursuit l'intéressée.

Pertes d'emplois

Neil Anker insiste cependant sur le fait que les employés, indépendamment de leur statut, doivent mieux se préparer à l'éventualité du chômage.

«Nous avons besoin d'améliorer la sensibilisation des dirigeants à leur propre «employabilité», souligne-t-il.

«Le marché de l'emploi ne devrait pas les intéresser seulement lorsqu'ils perdent leur travail...mais aussi lorsqu'il est stable».

En fin de compte, Neil Anker reste persuadé que la situation s'améliorera et que les institutions financières profiteront de la rationalisation de leurs activités. Il prévient néanmoins que le processus prendra du temps.

«Nous devons être réalistes. Nous n'affrontons pas un problème temporaire mais il nous faudra plus qu'un ou deux ans pour régler la situation».

swissinfo, Anna Nelson, Genève
(Traduction: Jean-Didier Revoin)

Faits

Les agences de placement constatent un accroissement de chômeurs surqualifiés, spécialement dans le secteur bancaire et financier.
Le nombre de cadres et de dirigeants financiers devrait atteindre 1 000 unités à Genève en avril.
Les demandeurs d'emploi en provenance du secteur bancaire et financier est en hausse de 76,4% sur les douze derniers mois.

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